12.07.2008

De la bourka en France et des effets pervers

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Marocaine et établie en France depuis 2000, Faïza parle notre langue à la perfection. Son mari, musulman, dispose du précieux passeport de la République et de l’Union Européenne, de même que leurs trois enfants nés dans l’Hexagone. Elle a donc demandé sa naturalisation française. En vain. La plus haute juridiction administrative du voisin de l’Ouest, le Conseil d’Etat – l’équivalent de notre Tribunal Fédéral Administratif - vient de confirmer ce refus, annonce Le Monde du 11 juillet. Pourquoi?

Pour la première fois, les juges du Conseil d’Etat justifié ce rejet par l’intensité de la pratique religieuse du candidat à la naturalisation. Parmi leurs arguments, Faïza porte la bourka, du moins ce vêtement qui fait ressembler les femmes à des sacs de patates – une offense au Créateur de la beauté féminine! – avec un foulard qui emprisonne la tête et un voile qui masque tout le visage, ne laissant qu’une mince fente pour les yeux. Sans contredire les magistrats du Conseil d’Etat, il ne s’agit pas, en l’occurrence, de la bourka afghane qui incarcère la femme, ne laissant qu’un fin grillage au niveau des yeux. Enfin, n’épiloguons pas, notre compétence en matière de mode islamique étant fort limitée. Il s’agit de toute façon d’un vêtement destiné à soumettre la femme à son tyran domestique.

Ce choix vestimentaire de Faïza, par qui a-t-il été imposé? Aux autorités de naturalisation, la jeune femme a expliqué qu’au Maroc, elle ne sortait pas voilée. A son arrivée en France, son mari lui a demandé de mettre sa prison textile sans qu’elle cherche à discuter. Note du Commissaire du gouvernement – qui, très grosso modo, sert de procureur au Conseil d’Etat: «D’après ses propres déclarations, elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n’a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille et semble trouver cela normal. L’idée même de contester cette soumission ne l’effleure pas.»

Conclusion: Faïza n’adhérant pas aux valeurs d’égalité et de liberté de la République, sa naturalisation lui est refusée.

Décision logique. Pour demander la nationalité d’un pays, il faut au moins en partager les valeurs les plus consensuelles. Un malaise pourtant. Son mari est un salafiste convaincu, c’est-à-dire un musulman intégriste qui veut revenir aux relations sociales du temps des compagnons de Mohammed. Or, lui est Français. La décision du Conseil d’Etat ne dit pas s’il a obtenu cette nationalité du fait de sa naissance dans l’Hexagone ou par naturalisation. Mais on peut se poser cette question: si Faïza s’était appelée, mettons, Rachid et qu’à la place de sa voyante bourka, elle arborait un discret collier de barbe, aurait-elle essuyé un tel refus?burka1.jpg

Par rapport à une musulmane de sa secte, un salafiste masculin est à même de mieux feindre l’intégration auprès des autorités de naturalisation. Lui au moins, n’est pas cloîtré dans son logis et peut vaquer comme bon lui semble dans la société de son pays d’adoption dont il connaît forcément mieux qu’elle les codes. Lorsqu’il s’adresse aux autorités, il sait ce qu’il faut dire et ce qu’il faut taire.

Dès lors, par sa décision tout à fait légitime, compréhensible et même salutaire par maints côtés, le Conseil d’Etat renforce encore plus l’inégalité entre les sexes. Mais toute autre sentence aurait été néfaste pour l’ensemble de la société, puisqu’elle aurait mis à néant les valeurs laïques de la République.

Morale: juger est l’art le plus malaisé qui soit. Et toute décision – comme tout refus de décider – entraîne des effets pervers. Reste à déterminer qui l’emporte des effets pervers ou des effets bénéfiques.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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Commentaires

Salomon en personne n'aurait pas dit mieux...
Ce qui me fait penser à sa copine la Reine de Saba. Reine de l'ancien Yémen donc. Où dans certaines vallées, les femmes portent un masque de cuir, et dans la vallée d'à côté, aucun masque, ni voile, rien sur le visage. Idem des tribus juives voisines, certaines voilées, d'autres pas. Un pays qui eut des reines, des vraies, régnant seules et officiellement, à quelques dizaines de kilomètres de la Mecque, bien après la mort du Prophète... Rien n'est jamais simple. Et la simplification extrême voulue par les salafistes et les extrémistes de tous poils et de toute religion est sans doute le premier pas vers l'erreur.

Ecrit par : Philippe Souaille | 12.07.2008

Merci de ce commentaire éclairé. Voilà donc un piège en forme de bombe à retardement. Que diront les petits copains salafistes du mari de Faïza? Ca me rappelle cet épisode, l'an dernier, où un terroriste recherché en Angleterre a réussi à s'en échapper, par avion et très officiellement, en se dissimulant sous une bourqua. La décision de justice du conseil d'état vaudra probablement quelques petites bombinettes, ou des enlèvements de journalistes du Figaro à l'étranger, mais elle est, en effet, probablement nécessaire.

Ceci étant dit, pour revenir sur l'affaire du voile en général, je pense que les autorités françaises avaient parfaitement raison d'en limiter l'usage par la loi, mais qu'elles se sont très lourdement trompées en invoquant la religion. Il eût été plus sage, et probablement plus exact, d'invoquer des raisons relatives à la condition féminine. Ainsi, les féministes françaises ont paraît-il été profondément divisées sur la question, et ce de manière apparemment durable, les unes disant qu'il s'agit de la liberté de choix de la femme, les autres invoquant la suggestion et le poids de la culture masculine. Je suis évidemment d'accord avec les secondes, mais cela ne fait que souligner que le voile, en Europe, bien plus que les minarets, sont la pointe visible de l'iceberg dont nous avons de plus en plus à nous inquiéter. Encore merci de nous le rappeler si clairement.

Ecrit par : david laufer | 12.07.2008

C'est vrai vous avez mis le doigt sur un paradoxe. On donne la nationalité à un homme lié au mouvement salafiste déclaré potentiellement dangereux pour la République et combattu au Maroc, mais on la refuse à sa femme arborant la Bourka.

le port de la Bourka fait-elle de cette femme une religieuse consentante ou une victime soumise à un mari enferré dans des pratiques ancestrales ? Cette femme est-elle intégrée, parle-t'elle français ? Il y a beaucoup trop d'inconnus et la complexité du problème est évidente.

De toute manière, la Bourka est un signe apparent de rejet des valeurs du monde occidentale, une invitation délibérée à ne pas vouloir s'intégrer dans notre société et à créer des tensions pour toujours plus revendiquer sous couvert de liberté religieuse, des passe droits. Les ultra-religieux savent exactement où sont les failles de notre système et ils en usent for bien.

de toput manière, nous constatons que la religion mulsumane est diverse et dépend avant tout des origines des pratiquants et n'impose ni la bourqua, ni le minaret (qui est à l'ordre du jour) donc il s'agit avant tout de la volonté d'un mari abuseur. Comme sur ce point, les Autorités n'ont pas de prise sur la question épineuse de la liberté religieuse, elles doivent par défaut invoquer d'autres raisons.

L'Europe doit une fois ou l'autre se décider de mettre un cadre légal mais sur certaines pratiques religieuses qui sont minoritaires mais qui créent des tensions. Mais peut-être est-ce dans l'intérêt de certains islamites de vouloir intensifier ce genre de démarche ?

Ecrit par : demain | 13.07.2008

Je pense que la quantite de telles familles devient plus grande. Et le gouvernement n'a pas le temps pour se consentrer a leurs problemes. Ou il ne veut pas le faisre surtout si 'il s'agit de l’inégalité entre les sexes.

Ecrit par : Josef - Procerin Review | 29.10.2008

Je ne suis pas competent dans cette question je suis tout simplement commentateur, mais il y a une chose qui m'etonne toujours. Oui, ces femmes, on les cachent derriere leur vetement, mais s'il s'agit des dances du ventre, elles presentent aux public toute leur "charme"

Ecrit par : Judah - Stop Smoking | 26.11.2008

VOUS AVEZ TOUS DES DISCOURs HAINEUX! etonnant pour des gens qui pense avoir raison!!!!

Ecrit par : FINIT | 19.06.2009

je pense que les pays musulmans devrai aussi sortir une loi contre les touristes qui se denude au bord de la plage, ou dans les villes.
Arreté de proner a chaque foi votre laicité qui n'est en fete juste un deguissement contre l'islam.
Heureux que la bourka existe elle protege les femmes des pervers, et elle nest pas un morceau de viande comme les femmes son consideré en europe.

Ecrit par : finit | 19.06.2009

Jusqu'où la mouvance islamiste va - t-elle aller ? Les Bourkhas c'est l'affaire de quelques fanatiques qui veulent importer en Europe un code vestimentaire inacceptable et qui vont à l'encontre des société judéo-chrétiennes européennes. C'est une question de sécurité car cela pose des problèmes pour les contrôles, les photos d'identité, les mariages, comment reconnaître la personne ? Beaucoup de musulmanes portent la coiffure traditionnelle ou le voile et c'est bien ainsi mais au-delà c'est une insulte pour les pays européens.Par contre, j'adhère avec Finit certaines tenues sont adéquates dans des pays musulmans mais d'un autre côté c'est une affaire de tourisme et de devises

Ecrit par : demain | 19.06.2009

Combien de femmes ai-je déshabillées?

Mes manières ont stupéfié plus d'une, mais j'étais un homme, parfois un religieux et elles m'obéirent.

Il y a celle à la peau de bête. Cette jeune primate, je la saisis, j'arrachai sa parure aux relents âcres avec toute la désinvolture d'un Casanova.

Et aujourd'hui, je savoure encore les délices de cette nuit passée avec cette aristocrate parée d'un corset cousu au fil d'or. Elle s'évanouit dans mes bras. Bienheurex les faiseurs de mode. Je pus à loisir me satisfaire sans qu'elle ne souffle mot.

Quant à l'étrangère qui portait le voile. J'ai tenu à ce qu'elle le garde durant nos ébats. Je craignais que de mauvaises idées lui traversent l'esprit et viennent brouiller mes cartes.

Ensuite, le summum de mes fantasmes. La bourkha. Sur les draps de satin blanc, je déposai la créature tout enveloppée de noir. Elle était ma prisonnière, ma chose. Il a fallu juste éteindre la lumière pour ne plus apercevoir son regard de mort-vivante.

Mais dans mon album de conquêtes féminines, il y eut cette étrange rencontre. Je reçus l'interdiction de cette femme mystérieuse d'ôter son collier. La femme girafe autorisait seulement son mari à lui retirer ce bjou: la spirale. Il la libérait ainsi par la mort de sa faute d'adultère.

Ecrit par : Oceane | 20.06.2009

pas de bourka en france on est pas au carnaval zorro n,a pas besoin de femmes bravo JF coppé pour sa proposition non mais ont vas ou. quelles porte ça chez eux
ou alors quelles rentre dans leur pays

Ecrit par : sweed | 12.01.2010

La liberté est elle vraiment un principe ancré dans la société française?
- "j'ai un doute" je me le demande sans cesse, car logiquement la liberté de l'individu s'arrête là où commence celle de l'autre!
en vrac!!!!! les français ont tellemenet pitié de cette pauvre femme qu'ils veulent à tout prix l'enfermer chez elle pour le restant de ses jours....

Ces femmes se sont elles plaintes?
- mais non, ça parait plus facile de taper sur le musulman que de créer de nouveaux projets sociaux!
et on ose parler de liberté maintenant! serai-on pas en train d'imposer un code vestimentaire!
tout simplement c'est de la dictature contemporaine!

Ecrit par : Bourkinos Libertos | 27.01.2010

donne leurs 10 balles avec ta pitier du con

Ecrit par : hit | 02.02.2010

Océane,

Est ce que vous essayez de vendre un livre?

Ecrit par : La Franchise | 02.02.2010

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