13/06/2008

La grande œuvre comme toile de fond à mon petit Moi

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Pour se déplouquifier un tantinet, rien ne vaut une bonne cure de Louvre. Le Plouc a donc choisi une journée en semaine pour s’y consacrer, les samedimanches étant exclus. Trop de monde, trop de bruit, trop d’emmerdeurs.
Cela dit, du monde il y en avait ce jour-là. Et le reste aussi. Mais en quantité moindre. Il était quand même possible d’apercevoir « La Joconde » en se glissant dans la foule qui, traditionnellement, y est massée. Déception. Depuis qu’elle a subi quelques attentats au cours de sa longue histoire, l’œuvre est placée à distance très respectable du public. De plus, elle est protégée par une paroi de verre sur laquelle se reflètent les flashs. Car, Le Plouc était le seul – oui le seul, l’unique – à ne pas brandir son appareil photo et à fusiller la pauvre Mona Lisa sur son mur d’exécution. On se demande bien ce que donneront ces clichés d’une paroi de verre flashée. Pas très flashant, le résultat. Surtout avec un portable téléphonique qui fait tout, mais mal.

Désormais, on ne contemple plus un tableau. On le prend en photo, vite. Et on passe à un autre. Pas le temps de regarder. Juste celui de presser sur le bouton. Mais ça, ce n’est encore rien. Ces touristes ne profitent pas de l’œuvre mais au moins s’y intéressent-ils un bref moment. Il y a pire. Alors que Le Plouc rêvait devant «Le Calvaire» de Fra Angelico, une touriste japonaise lui demande de se pousser. Et pourquoi elle veut que je me pousse la petite dame? C’est pour qu’elle puisse poser au milieu du tableau pendant que son mari lui tire le portrait. Refus plouc du Plouc. Non mais!

Elle n’est pas la seule. Devant les toiles de grandes dimensions, c’est systématique. Le touriste – peu importe la provenance, le Touriste est une entité en soi – tourne le dos à l’œuvre (!) afin qu’un congénère, mâle ou femelle, le photographie. Puis le congénère photographieur prend sa place et se fait flasher à son tour. Le Plouc est resté longuement devant «Les Noces de Cana» de Véronèse, un tableau de six mètres sur dix environ, idéal pour servir de toile de fond. A chaque fois, les touristes procé33140383.jpgdaient ainsi, sans prêter attention à Véronèse. Ils ont donc parcouru 10 000 kilomètres pour contempler ce chef-d’œuvre de dos!

Décidément, Le Plouc ne comprend rien à l’époque: l’important n’est pas d’être enrichi par ces manifestations du génie humain, voyons! L’essentiel est de prouver aux copines et copains de là-bas qu’on est allé au Louvre et qu’on s’y est mis en scène (Le Plouc les mettrait bien en Seine, mais c’est assez mal vu par les policiers). Son petit Moi, voilà ce qui compte. Un petit Moi plein de frime et de creux. Un petit Moi qui efface la grande œuvre. Comme sur la photo.


Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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Commentaires

Mais alors, M. Cuénod, il n'y a rien que vous ayez aimé, sur quoi vous ayez pu méditer, au Louvre ? A cause de la foule ? Au musée d'Art et d'Histoire de Genève, pour la partie classique, il n'y a vraiment pas grand-monde. Paris ne se prête pas forcément à la méditation. Pourquoi aussi y aller ? Cela dit, je me souviens avoir été complètement fasciné, au Louvre, par les restes de la mythologie mésopotamienne, et je ne me souviens pas qu'ils étaient spécialement courus. Il y a aussi les antiquités germaniques, qui sont belles et peu fréquéntées.

Écrit par : R.M. | 13/06/2008

la mona lisa était elle enceinte, ou l'à t'elle été?question pour visiteur cultivé,l'important étant de savoir si la joconde étais une femme convenable ou pas?voile sur cheveux comme preuve !
quoi qu'en pense le da vinci code qui l'à oubliée dans sa visite du louvre comme lieu d'assasinat privilégié de conservateur(le conservateur est un directeur au louvre et pas un produit conservant ais je découvert alors en venant d'outre saléve!)Vu la taille du tableau et la difficulté à le voir entre deux groupes de japonais pour qui tout est trés "exotique" (y compris le prix du tour opérator au forfait tout compris,y compris mona lisa!)je comprends qu'on soit bouleversé rien qu'en passant à côté ,sans penser à cet aspect de vie "convenable" si nécessaire à la femme d'époque(celle là et la nôtre!)
et si la joconde était un "jocond" ?trés proche du saint jean au sourire si ambigu du grand léonard qui avait aussi des relations "spéciales" et des amitiées,plus ou moin "viriles"!
pourquoi oublie t 'on alors saint jean(qui était saint)aprés avoir vu la mona lisa qui ne l'était pas?( "salai""petit diable" disait le peintre,qui fut le modéle pour le saint était aussi petit voleur ,fou de chaussures(24 paires!)et de fringues et compagnon de Léonard dés l'age IO ans.il fera aussi des copies du mâitre!(on copie toujours les mâitres,surtout s'ils sont d'accord!) IL finira assasiné (!)"subitement"en I525)Lui aussi à un sourire ambigu!
mais si on enléve les scolaires et les touristes combien y à t'il de français-voir de parisiens de souche -plus ou moins francophones-ou nés en Chine- pour hanter les musées parisiens? et combien d' avertis(avertis et pas invertis?) pour penser à la question!Homo ou pas homo(aprés le conservateur,du "code da vinci" omo estle grand détergent des années 5O)C'est une question pour Amélie Poulain et les ch'ti?l'important n'est pas la réalité "des vrais gens",ni même l'histoire,ni l'histoire de l'art, réservés à "l'élite française " qui partage peu mais gouverne,mais la pérénité d'une vision trés "scolaire" ,"elyséenne" -XIXE siecle,de l'histoire et de la peinture ,et datant du temps ou les représentations étaient en noir et blanc pour les écoliers...vu la taxe de luxe toujours actuelle en France sur les oeuvres d'art,et livres sur la peinture, on sait que l'esprit "élititiste français"-un rien mysogine et infantué de lui même--fleure bon encore un siecle passé!Celui ou Marie antoinette -m&l aimée mais passant des heures à choisir chaque jour ses robes sur catalogues(il faut soutenir la mode et le textile français!) et pas si active en politique qu''on le dit, mais morte dignement,devait imposer une femme comme peintre! et encore comme peintre de la cour! sous la Ve république,l'égalité féminine est encore une "promotion" à faire!jadis,la "femme modéle" ,était interdite d'atelier chez les peintres renaissants européens: au XXIe siecle ,en ces temps républicains on garde du gout pour le faste royal et du mépris pour le petit peuple ignare! dont on parle plus comme '"bruleur de voiture" que comme "visiteur des palais musées"!Mais Paris est aussi une "ville musée"?)Heureusement si la joconde est peut être "bourgeoise" le tableau à de la couleur à défaut d'être un des tableaux de grandes tailles dont le louvre est aussi propriétaire! ,mais on le remarque à peine en suivant la foule qui n'à pas de temps à perdre avant de repartir au japon en faisant un dernier tour sur le mont blanc!
même s'il n'y à plus au louvre de gardes suisses à ,assasiner sans se défendre ,ou à débaucher secrétement en leur faisant écouter "le ranz des vaches"selon les directives(secrétes des conseiller) du roi,on reste nostalgique d'un certain passé! "small is beautiful" non?

Écrit par : gpradet | 16/06/2008

mes escuses à ce qu'il parait "mona lisa"(mais étais ce bien elle?) était mére de famille(deux garcons vivants, une fille décédéece )reste que Léonard était un "petit bougre" trés décomplexé et que pendant des années il "remania" "la joconde" "madame lisa" épouse de I9 ans de bortholoméo del giocondo)2 fois veufs et trés ami du peintre,mais là on tombe sur les sforza,les borgia ou les médicis..

Écrit par : gpradet | 18/06/2008

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