08/06/2008

Economie d’énergie: la preuve par la boîte à œufs

938737189.jpgLes prix des carburants s’envolent, les Français se désolent, les commerçants s’affolent et Sarkozy babolle. Mais toute médaille terne à son revers brillant: cette averse inflationniste fait croître de nouveaux comportements. En voici la preuve par le truchement le plus quotidien qui soit: une boîte à œufs.

Ployant sous le faix des habitudes helvétiques, Le Plouc ne jetait jamais ses boîtes à œufs vides. Il les conservait jalousement à l’intention d’un couple merveilleux: Marie-Alice et notre Bonaventure cantonal, créateurs et animateurs de la Ferme Foraine qui éblouit les écoliers genevois depuis de longues et belles années. Une ferme dont Le Plouc a renoncé à dénombrer les ânes, les lamas, les moutons, les chèvres. Et les poules de toutes couleurs. Des poules qui pondent comme toutes poules qui se respectent. Pour assurer aux œufs de leurs gallinacées une bonne assise, Marie-Alice et Bonaventure avaient donc grand besoin de boîtes à œufs.

Installé à Paris, Le Plouc ne pouvait plus leur envoyer ces écrins avicoles, les échanges postaux entre la France et la Suisse relevant de la haute fantaisie. Il les a donc proposés à son crémier habituel. Qui a regardé ces choses cartonnées avec l’air stupéfait d’une poule contemplant une clé à mollette: «Et vous voulez qu’j’en fasse quoi de vos trucs?» C’est tout juste si ledit crémier ne l’a pas accusé de le prendre pour une poubelle. Le Plouc est alors reparti, chargé de boîtes à œufs et de récriminations crémiérophobes.

Trois mois plus tard, changement de crémier et de décors: «Euh, Monsieur, lorsque vous reviendrez prendre des œufs, s’il vous plaît, pensez 1954603887.jpgdonc à me remettre votre boîte vide». Et le crémier de confirmer sa volonté récupératrice: «On doit faire attention à tout, maintenant. Economiser les déplacements en camionnette. Epargner tout ce que l’on peut. Les boîtes à œufs, ça coûte vachement cher, vous savez.»

Lorsque la ministre de l’Economie Christine Lagarde avait enjoint les Français à remplacer leur auto par un vélo, l’Hexagone s’était gondolé. Ce qui est un exercice périlleux pour un Hexagone. Elle aurait dû penser à l’argument de la boîte avicole… Avec tous ces énarques «têtes d’œufs» qui l’entourent.


Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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Commentaires

Quand est-ce que nos politiques décideront (ils sont quand même élus pour ça, non?) au lieu de brasser de l'air, même pollué?!?

Décider en connaissanc de cause sera la deuxième phase ... à moins que ce voeu pieux ne constitue qu'une utopie de plus!

Tous ces siècles de progrès pour en arriver à autant de "je m'en-foutisme, pourvu que je garde mon pouvoir!", c'est proprement déconcertant... à Paris comme ici, cher Plouc dont la sagesse égale celle des Silènes.

Écrit par : Micheline Pace | 08/06/2008

histoire d oeuf oublié:jadis,il y a I5O millions d'années,la poule avait des dents et se nommait archéopterix et laissa ses plumes en baviere avant que d'avoir une descendance en chine,aux indes,en egypte,grece et rome et finalement chez aSTERIX et les helvetes de l arc lemanique;(et sans le divin jules les helvetes seraient maintenant en vendee)
bien apres,en des temps que tout le monde a oublie,du mauvais côte de la frontiere genevoise(celui qui etait tres occupé par des personnages indésirables en uniformes divers,le reichfurher ss Himmler ayant débuté jadis comme eleveurs de poules en batteries)l'oeuf de poule se vendait à l unite? de ,2,50 à 3 f alors que le salaire ouvrier variait de 6 à 8 f de l heure;15FRANCS (f le kg de beurre!)avec carte!)le probléme etant que pour avoir acces au cremier il fallait des tickets de rationnement et que par la grace de l etat francais qui payait l armee
d occupation en francs francais dévalués par rapport au reichmark,l'oeuf était rare,et impossible a trouver sans tickets; était il frais,,pas sur!
restait le marché noir 'considéré comme un acte civique par la résistance°et un acte penal par le regime collaborateur qui vivait tres bien dans les hautes spHeres,mais vivait tres mal les plaintes venant de la base)d'autant que la femme jugee inferieur n avait droit-en principe-qu'au rôle de "salaire d'appoint"-et pas salariee du tout si le mari avait un travail,et 2TAIT en tous cas moin payée qu'un homme;;;avec en plus 1millions et demi de prisonniers de guerre a nourrir "par intermediaire ou corrrespondance"detenus par l'occupant,(le regime disait sans moi il y en aurait eu le double!)CELA generait l envoi de paquets alimentaires qui n arrivaient pas toujours ou en bon etat d'usage;,tout cela faisaiT aussi spéculer sur l'oeuf!;;(mais le principe etait difficile a imposer!) a defaut d elever une poule en cachette dans un lieu secret,l'oeuf dur etait la solution,mais c'était aussi un réve!
l oeuf atteignait des sommets;;
mais apres le STO (sévices plus que "servicE"quoi qu'en dise le régime francais d'alors sur le theme DE "la reléve" disant "travaillez plus pour gagner plus ailleurs qu'ici"( pour permettre finalement à l'occupant à rester a occuper le pays,et le temps, de gagner la guerre avec 'exception si il etait impossible de démenager les usines locales aussi vite que les wagons sncf!), les "crânes d'oeufs" francais(ministere de la poduction industrielle) croyant ameliorer le (mavais)sort commun suivaient -sans le savoir-un plan déja prévu dans "mein kampf" et juges obligatoire par le nazisme triomphant)-le general guisan,en suisse,avait lui prevu le triomphe épisodique-
( par le sto les jeunes etaient convies a travailler volontairement -6O h hebdo -chez l occupant ce que la majorite d'ici refusa, elle du se cacher,devenant de ce fait "delinquante" et privee de tickets,et donc d'un eventuel "ticket de rationnement" et donc d'oeuf de poule! donc c est avec emotion et reconnaissance que l on pouvait parfois contempler quelques oeufs emballés dans du papier journal! apres on inventa la boite a oeufs,et même la boite a oeuf en plastique(donc en petrole) apres encore ,le plastique fut remplacé par le carton(donc du papier,donc du bois, donc pollution des eaux,et comme les papeterries francaises ont ete transportees là ou le salaire est bas,on fait venir le bois du canadas,de suede ou de finlande,ce qui reclame aussi du carburant,et du petrole°°c'est donc un acte eminement civique que de transporter sa boite a oeuf! en allant "au bon beurre" ,meme si le cremier parisien n'est plus roi,pensez quand meme à ceux qui travaillant plus pour manger moins revaient devant une douzaine d'oeufs;;je crois qu'une partie du monde est sur ce même chemin,mais là la boite,la poule et l oeuf n'y sont pour rien; manger est devenu un luxe(y compris pour certains en france),en suisse) la il faudrait vraiment que cela change;...mais avant que les poules aient(de nouveau)des dents!

Écrit par : gpradet | 10/06/2008

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