12/05/2008

L’ombre de la guillotine qui ne s’efface pas

1810337559.jpgConsternante lecture des réactions, chaque fois qu’un monstre est traduit en justice. Fourniret maintenant. Dutroux, naguère. Jacques l’Eventreur, jadis. Pour affirmer qu’on en a, on – pronom indéfini pour imprécateurs sans visage – crie au retour à la peine de mort supprimée par cette bande d’intellos du genre gazelles. La lutte contre le meurtre légal paraît sans fin. Sans cesse, il faut remettre l’ouvrage sur le métier à tisser les arguments.


Consternante lecture des réactions, chaque fois qu’un monstre est traduit en justice. Fourniret maintenant. Dutroux, naguère. Jacques l’Eventreur, jadis. Et ceux qui apparaissent sur ce site sont plutôt modérés comparés à d'autres. L’anonymat qui, hélas est devenu la règle dans l’Internetland, encourage cette «monstration du pire» de nous-mêmes. Pour affirmer qu’on en a, on – pronom indéfini pour imprécateurs sans visage – crie au retour à la peine de mort supprimée par cette bande d’intellos du genre gazelles. C’est révélateur : les plus anonymes, donc les moins courageux, sont ceux qui affirment «en avoir» plus que les autres. Vieux réflexe: revendiquer comme sien ce qui vous manque.

Il est vrai que le cerveau ne se situe pas dans cette partie de l’anatomie humaine. Et réfléchir fatigue mais ne défoule pas.

 

 

La lutte contre le meurtre légal paraît sans fin. Sans cesse, il faut remettre l’ouvrage sur le métier à tisser les arguments. Le premier d’entre eux relève de la moralité la plus élémentaire: un Etat garant du droit ne saurait développer le même comportement qu’un assassin. Si les pays qui connaissent les taux de criminalité les plus élevés sont ceux – comme les Etats-Unis – qui usent fréquemment de la condamnation à mort, ce n’est sans doute pas un hasard. Le sang appelle le sang. L’homme ne sera-t-il donc jamais fatigué de réclamer ce sang dont il barbouille ses discours et macule son esprit?

Pour prononcer le châtiment suprême, il faut un juge infaillible, plaidait en substance Victor Hugo. Cette statistique démontre à quel point l’infaillibilité n’est pas de ce monde : de 1973 -date du rétablissement par la Cour Suprême des USA de la peine de mort dans les Etats qui la prévoyaient ‑ 124 condamnés à l’injection létale ont été libérés après avoir été innocentés. (site d’Amnistie Internationale, section canadienne francophone). Et combien d’innocents ont-ils été exécutés? Pour eux, pas de Cassation en ce bas monde.

 

L’ADN n’est pas une baguette magique

 

«Grâce aux empreintes génétiques, la justice pourra condamner en toute certitude», répliquera ce fameux «on». Un récent épisode démontre que l’ADN n’est pas la baguette magique qui fait disparaître les injustices. Accusé du meurtre et du viol de sa petite amie en décembre 1987, James Woodard avait été condamné à la réclusion à perpétuité. Par deux fois, il a réclamé les tests ADN. Par deux fois, la justice a excipé de bons arguments avec mauvaise foi pour rejeter sa requête. Ce n’est que récemment - à la faveur d’un réexamen de son cas par des étudiants en droit - que James Woodard a été innocenté. Il a quitté sa cellule mardi 29 mai dernier. Après 27 ans d’incarcération. Au moins a-t-il eu la vie sauve.1244370763.jpg

 

 Les empreintes génétiques ne valent que si la justice veut bien les prendre en considération. De plus, quand elles croient tenir un coupable, les autorités pénales ont souvent tendance, comme dans le cas Woodard (ci-contre sa photo prise à sa sortie du tribunal qui l'a innocenté) à écarter les preuves qui vont gêner son confortable scénario. Enfin, les empreintes génétiques peuvent s’altérer à la suite de mauvaises manipulations, voire être échangées. La justice n’est pas une science exacte. Les dégâts qu’elle provoque parfois se révèlent suffisamment douloureux pour lui refuser le permis de tuer.

 

A méditer, cet extrait de la lettre adressée par Victor Hugo en 1862 aux députés du Grand Conseil genevois:

Quand donc la loi s’ajustera-t-elle au droit? Quand donc la justice humaine prendra-t-elle mesure sur la justice divine? Quand donc ceux qui lisent la Bible comprendront-ils la vie sauve de Caïn? Quand donc ceux qui lisent l’Évangile comprendront-ils le gibet du Christ? Quand donc prêtera-t-on l’oreille à la grande voix vivante qui, du fond de l’inconnu, crie à travers nos ténèbres: Ne tue point! Quand donc ceux qui sont en bas, juge, prêtre, peuple, roi, s’apercevront-ils qu’il y a quelqu’un au-dessus d’eux?
Républiques d'esclaves, monarchies à soldats, sociétés à bourreaux; partout la force, nulle part le droit. Ô les tristes maîtres du monde! Chenilles d’infirmités, boas d’orgueil.

Jean-Noël Cuénod Charleville-Mézières / Paris

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Commentaires

S’il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier à tisser les arguments, c’est que l’argumentation des abolitionnistes repose, pour l’essentiel, sur des sophismes, des non-sens, des contrevérités et des raisonnements spécieux qui n’abusent pas un grand public imperméable aux ratiocinations tortueuses.

Prétendre que l’exécution est un meurtre légal fait partie de ces clichés navrants, qui ne résistent pas à l’examen. Le meurtrier, lui, sait que son geste est passible de la peine de mort, alors que, dans la plupart des cas, sa victime ne sait pas pour quelle(s) raison(s), quelqu’un a décidé sa mort.

Le condamné à mort est un type qui a défié la loi et qui a perdu : on l’a identifié, on l’a condamné et on s’apprête à l’exécuter, non en vertu d’intentions vengeresses ou de je ne sais pas quoi, mais parce qu’il est écrit, dans le Code pénal, que celui qui commet tel ou tel acte, sera condamné à mort et exécuté. L’origine de la peine de mort est dans le crime qui l’entraîne, et non pas dans quelque décision arbitraire et improvisée.

Ce qui nous amène à parler du rôle dissuasif du « châtiment suprême ». Les abolitionnistes le nient effrontément, en se basant sur des statistiques « décontextualisées ».

Trois chercheurs de l’Université Emory, d’Atlanta, Hashem Dezhbakhsh, Paul Rubin et Joanna Shepherd, ont démontré qu’aux Etats-Unis, chaque exécution capitale entraîne un recul du nombre des assassinats immédiatement consécutifs, compris entre huit et vingt-huit. Ce n’est pas rien, entre huit et vingt-huit innocents qui restent en vie, parce qu’un assassin a été expédié*.

Les abolitionnistes, eux, se réfèrent au nombre des homicides perpétrés au cours des périodes précédant et suivant l’abolition, omettant de considérer que la peine de mort est abolie dans des Etats où elle n’était presque plus appliquée depuis longtemps, et qu’elle avait donc déjà perdu son effet dissuasif.

En France, par exemple, dans les dix ans qui précèdent l’abolition – qu’aucune peine de substitution ne remplace, contrairement à la mensongère promesse des abolitionnistes -, il n’y a que six exécutions, dont la dernière est celle d’Hamina Djandubi, un aimable jeune homme qui, parce qu’elle refusait de se prostituer, a affreusement torturé sa maîtresse (23 ans) pendant trois jours, avant de l’étrangler…

Cette affaire parmi d’autres montre à l’évidence que la peine de mort est la seule qui soit adaptée à toute une série de crimes, en particulier ceux qui sont commis contre les plus vulnérables, enfants, vieux, femmes, policiers dans l’exercice de leurs fonctions aussi…

Penser que Fourniret passera les vingt prochaines années, à bouquiner et à regarder la télé, aux frais de la société, précautionneusement protégé de la vindicte de ses codétenus, alors que la vie des parents de ses victimes est brisée à jamais, est une perspective qui manifestement n’est pas insupportable à tout le monde…

L’abolition a également pour effet pervers de redimensionner toute l’échelle des peines. Comment pourrait-on infliger une peine de vingt ans à un pédophile récidiviste, qui se « contente » de tripoter des enfants, alors que l’assassin d’un policier se retrouvera en liberté après douze ans de détention ?

Bien sûr, se pose la question de l’erreur judiciaire… Mais, comme l’écrivait Mme Marie-Laure Rassat, professeur de Droit pénal à l’Université de Paris XII : « …on ne peut abolir une institution au nom de la seule éventualité du mauvais usage qui pourrait en être fait, car bien peu de mécanismes humains résisteraient au tri comme insusceptibles d’abus. »

En fait, le problème est donc bien moins celui de la peine que celui de l’erreur judiciaire, la différence « qualitative » étant assez difficilement perceptible entre le fait d’être exécuté pour un crime qu’on n’a pas commis, et celui de passer dix millions de minutes (vingt ans) à ruminer son innocence au fond d’une cellule…

En fait, les prétextes invoqués à l’appui de l’abolition de la peine de mort cachent mal la sensiblerie des « élites éclairées » d’une société privée de repères, n’ayant plus pour unique valeur suprême, que la misérable existence d’individus qui, par leurs actes, se sont eux-mêmes retranchés de la communauté des humains...


* Quand on lit Camus : « … Elle ne saurait en un mot intimider l'homme jeté dans le crime comme on l'est dans le malheur. Autant dire alors qu'elle est impuissante dans la majorité des cas.»
on s’étonne un peu de la désinvolture avec laquelle l’« immense humaniste » évacue la minorité des cas, dans lesquels… elle n’est pas impuissante, dans lesquels elle intimide l’homme qui s’apprêtait à se jeter dans le crime…

Écrit par : Scipion | 12/05/2008

Excellent commentaire, Scipion. Je veux revenir sur le fait que les abolitionnistes, ayant gagné leur combat, veulent maintenant abolir les peines lourdes contre les grands criminels. A se demander à quoi pensent ces gens.

Écrit par : Géo | 13/05/2008

@ Scipion. Chapeau bas, Monsieur ! Excellente et incontestable définition !

"L’origine de la peine de mort est dans le crime qui l’entraîne, et non pas dans quelque décision arbitraire et improvisée."

"Penser que Fourniret passera les vingt prochaines années, à bouquiner et à regarder la télé, aux frais de la société, précautionneusement protégé de la vindicte de ses codétenus, alors que la vie des parents de ses victimes est brisée à jamais"
c'est surtout cela qui est insupportable !

Comme le disait un célèbre juriste, :
"Je préfère savoir un innocent en prison, qu'un coupable dehors"

"que la misérable existence d’individus qui, par leurs actes, se sont eux-mêmes retranchés de la communauté des humains..."...pas mieux dit...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/05/2008

Scipion,

Au sujet de la vie, et encore plus au sujet de la mort, peu m'importent les réflexions basées sur des statistiques (ou des textes bibliques).

Voilà ce qui compte à mes yeux : il n'est pas question que la société dans laquelle je vis s'accorde le droit de tuer qui que ce soit en mon nom. Si je survivrais probablement à l'exécution d'un coupable indéniable, bien que je ne l'approuverais pas, je ne pourrais continuer à évoluer normalement dès la première exécution douteuse.
J'attends de notre société qu'elle élève son niveau de conscience bien au-dessus d'un Fourniret, d'un Ted Bundy, et surtout des Etats-Unis d'Amérique.

Un élément dont vous n'aviez pas besoin pour soutenir votre argumentation, c'était d'élever l'univers carcéral au rang de l'hôtellerie de notre beau pays.
Suggérer qu'une peine de prison se résume à "passer son temps à bouquiner et à regarder la télé", j'espère que vous en conviendrez, est une simplification irréelle et naïve d'un séjour en prison.
Et même lorsqu'un détenu est "protégé" de la "vindicte de ses codétenus", car placé en Quartier de Haute Sécurité (QHS), j'avoue que d'imaginer cette personne évoluer pendant bien des années dans une cellule d'un mètre et demi sur deux mètres parvient à satisfaire la part sombre et vengeresse de mon esprit. J'ai peut-être le tort, je l'avoue, de considérer cette punition comme plus rude que la simple peine de mort.

Après tout, si l'on me donnait le choix, surtout bien après mon cinquantième anniversaire pour parler du cas Fourniret, entre une petite piqûre rapide (merci - au revoir !) et dix millions de minutes à tourner comme un animal dans une cage minuscule, privé de lumière du jour et de tout contact humain, je n'hésiterais pas longtemps : "Bourreau, fais ton office !"
Lors de ma dernière heure, il est même probable que je gratifie les familles de mes victimes de remerciements chaleureux ainsi que d'une invitation formelle à passer me voir dès qu'ils auront franchi le Styx.

Écrit par : Olivier Tauxe | 13/05/2008

@ Scipion l' "inconscient".
"Suggérer qu'une peine de prison se résume à "passer son temps à bouquiner et à regarder la télé", j'espère que vous en conviendrez, est une simplification irréelle et naïve d'un séjour en prison."

Comment vous permettez vous, cher ami, d'oublier ainsi d'énumérer les matchs de foot, de carte, les actes sexuels contre : nature, volonté des 2 "amoureux";; les 3 repas quotidiens ( ça en prends du temps ! ), les balades dans la cour, les cours de langue et même de Droit ( avec obtention du brevet, attention ! ), ...

Non, mais des fois...si je m'écoutais... ( je vais vous donner rendez-vous, pour un café ! )...:o)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/05/2008

La Chine est aujourd'hui le pays qui exécute le plus grand nombre de condamnés. Je ne doute pas que Scipion et ses admirateurs approuveront au moins cet aspect d'un régime que par ailleurs...

Écrit par : azrael | 13/05/2008

Comme le disait un célèbre juriste, :
"Je préfère savoir un innocent en prison, qu'un coupable dehors"
Victor, et si c'était vous l'innocent?

Et bien moi je préfère un coupable dehors qu'un innocent en prison...

Je reconnais cependant que la question est complexe et que l'exposé de Scipion est bien argumenté et pousse à la reflexion.

Écrit par : Olegna | 13/05/2008

"...je vais vous donner rendez-vous, pour un café !"

On en reparlera à la rentrée de septembre... Promis...

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

« Je veux revenir sur le fait que les abolitionnistes, ayant gagné leur combat, veulent maintenant abolir les peines lourdes contre les grands criminels. A se demander à quoi pensent ces gens. »

Ils en sont restés à l’homme naturellement bon, que la société corrompt. Le criminel est donc à sa manière une victime devant bénéficier de compréhension et de mansuétude… J’ajoute qu’ils veulent aussi abolir les peines légères pour les petits criminels…

D’un autre côté, on est obligé de se demander s’ils ne cherchent pas aussi un peu à détruire la société de l’intérieur, puisqu’il ne sont pas parvenus à renverser le système qui l’a engendrée… A mon avis, c’est un peu des deux.

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

« La Chine est aujourd'hui le pays qui exécute le plus grand nombre de condamnés. Je ne doute pas que Scipion et ses admirateurs approuveront au moins cet aspect d'un régime que par ailleurs... »

La pratique chinoise de la peine de mort est à la fois communiste et… chinoise. C’est assez dire qu’elle est aussi éloignée qu’il est possible de l’être de notre conception du droit et de notre perception de la justice, de la peine et de la réparation.

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

« …il n'est pas question que la société dans laquelle je vis s'accorde le droit de tuer… »

Pour ma part, je considère que, du moment que la peine de mort est inscrite dans le Code pénal, l’appliquer n’est pas un droit, mais un devoir : il en va de la crédibilité de la justice et de sa capacité de dissuasion, à laquelle je crois.

« Si je survivrais probablement à l'exécution d'un coupable indéniable, bien que je ne l'approuverais pas, je ne pourrais continuer à évoluer normalement dès la première exécution douteuse. »

En revanche, vous vous accommodez plutôt bien, me semble-t-il, d’une condamnation douteuse à la perpétuité, même si plus loin, vous dites préférer la mort à « dix millions de minutes à tourner comme un animal en cage »…

« Suggérer qu'une peine de prison se résume à "passer son temps à bouquiner et à regarder la télé", j'espère que vous en conviendrez, est une simplification irréelle et naïve d'un séjour en prison. »

Victor a déjà parlé de la gamme d’activités offerte à un détenu, même parmi les pires, et je vous rappelle que l’ignoble Patrick Henry a passé son brevet (BEPC), son bac, obtenu une licence de mathématique et un diplôme universitaire de technologie en informatique.

Ceci démontrerait si besoin était la « supportabilité » des conditions de détention de l’un des plus abjects criminels français de la seconde moitié du XXe siècle. Et il y a des associations de défense des droits de l’homme qui veillent à ce qu’il en soit ainsi.

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

@ azrael.
"La Chine est aujourd'hui le pays qui exécute le plus grand nombre de condamnés."
oooaauis, vous oubliez juste de dire que ce n'est pas le seul...et qu'ils ont déjà une loi qui prévoit la possibilité d'avoir 1 seul enfant/couple.

@ Olegna.
"Et bien moi je préfère un coupable dehors qu'un innocent en prison..."
Un innocent en prison, ne peut rien recommencer, vu qu'il est innocent, par contre, un coupable dehors, peut très bien recommencer ses "crimes"...allez vous pour autant revoir votre système de valeurs ?

@ Scipion.
Vous parlez de capacité de dissuasion.
Pour ceux qui n'ont rien compris et si en + ils sont français, je n'ai qu'une question.
Pourquoi diable la France a construit un soumarin nucléaire ?
L'arme nucléaire est une arme de dissuasion, n'est-ce pas ? pour empêcher certaines nations d'y réfléchir à une éventuelle attaque !

Maintenant, devenons + terre à terre.
Si les USA abolissait la peine de mort, quel serait le scénario le + probable ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/05/2008

Personelement, je suis assez fier de vivre dans un pays ou on ne tue pas les assassins. comme disait Gandhi , oeil pour oeil rendra le monde aveugle.( enfin qqc comme ça ) . Et j'apprécie Gandhi :)
D'un point de vue "technique", le systeme judiciare ( et non la justice , qui est une utopie ) est failible du fait meme que ce sont des hommes qui décident. Le système peut même être détourné pour accomplir un meutre. ( plan machiavélique ) .
La dissuasion?, et la encore, je ne vois pas un pays ou la peine est appliquée avec une criminilaté inférieure aux notres. Je me demande meme si elle l'augmente pas, un criminel ne laissera pas de témoins derriere lui . ( ce n'est qu'une supposition )
Il me semble qu'au Kenia, on pouvait être condamné à mort pour vol à mains armés, résultat , certains vols ont fini en carnage. ( perversité de la peine capital ) .

Écrit par : ohne | 14/05/2008

Ceux qui sont contre la peine de mort changeraient d'idées si ils étaient concernés par la mort violente de leur femme ou d'un enfant. S'ils conservent leurs positions, ils sont donc d'accord pour pardonner aux salopards ! Je plaint leurs familles car elles ne sont pas en sécurité. Quand à laisser, comme le préconise Olegna, les assassins dehors, ce Monsieur ne respecte pas du tout l'intégrité des citoyens.

Écrit par : Octave Vairgebel | 14/05/2008

le fait de ne pas pardonner, mais en sécurité les proches ?
je ne pense pas que les proches des victimes vivent mieux une fois la peine executée. et surtout ce ne fait revenir personne, malheureusement.
l'etat sert donc à venger les proches de victimes ?

Écrit par : ohne | 14/05/2008

"...je ne pense pas que les proches des victimes vivent mieux une fois la peine executée..."

Penser que le type qui a brisé votre vie en tuant l'un de vos proches est peut-être en train de se marrer dans sa cellule, ou au parloir, doit tout de même être assez dur à vivre... Même dix ou quinze ans après.

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

@ Scipion. Vous formulez bien votre phrase, seulement...je l'écrirais autrement...

"Penser que le type qui a brisé votre vie en tuant l'un de vos proches est peut-être en train de se marrer dans sa cellule, ou au parloir, doit tout de même être assez dur à vivre... Même dix ou quinze ans après."

c'est surout dur à vivre pendant ces 10 ou 15 ans de peine...qu'en dites vous ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/05/2008

Ohne@ "l'etat sert donc à venger les proches de victimes ?"
Evidemment. Vous en doutiez sérieusement ? sinon, c'est la vengeance privée.
En fait, je suis conscient que beaucoup de crétins trentenaires (une génération complète privée de cervelle ???) pensent que la prison et autres peines sont inutiles et contraproductives pour les chers amis bad boys, mais ceux dont les enfants ont été tués ou violés par ces charmants jeunes hommes peuvent ne pas être du même avis.

Écrit par : Géo | 14/05/2008

@ Olegna, moi aussi je préfère un coupable dehors qu'un innocent en prison... comme le préconisait Voltaire.

Il s'agit simplement d'habiliter le pricipe légal et éthique du "présumé innocent" et non pas du "présumé coupable" dans la réflexion pénale,avent toute preuve établie.

Quand on voit le nombre d'ordures dehors que personne n'ose soupçonner et qui détienne en plus l'illusion du pouvoir (= pouvoir de flinguer comme ils veulent)...

Écrit par : Micheline Pace | 14/05/2008

"c'est surout dur à vivre pendant ces 10 ou 15 ans de peine...qu'en dites vous ?"

Ce que je voulais dire, c'est que 10 ou 15 ans, c'est toujours aussi dur, que la peine ne s'estompait pas avec le temps, au contraire d'une mort naturelle, que son caractère naturel aide à admettre...

Écrit par : Scipion | 14/05/2008

@ Scipion. Mon cher ami, pour redevenir sérieux, je pensais + au fait que la victime ou famille de victime attendras patiemment pendant 10 ou 15 ans, la sortie de prison, pour accomplir sa vengeance.
Œil pour Œil, c'est déjà vu.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/05/2008

"Œil pour Œil, c'est déjà vu."

Ca c'est déjà vu, mais je ne le conseillerais pas à un ami. Les juges n'apprécient pas, par esprit corporatiste, qu'un particulier fasse mieux qu'eux, ce qu'ils ne savent pas bien faire...

Et ça se répercute sur la sentence :o)

Écrit par : Scipion | 16/05/2008

Merci l'ami pour le conseil. Entre la Nakba et la Shoah, il y a discussion. Mais jamais sur les termes et l'histoire. Les Romains, pour effacer le souvenir de l'existence du royaume d'Israël et de la présence des Juifs dans la région, ont adopté le nom de Palestine, pour toute la région.
L'Empire Ottoman, conscient de ce différend de l'Histoire, n'ont jamais utilisé ce terme.
Depuis 1948, les palestiniens revendiquent une Palestine, conquise au nom de l'Islam. Inutile de rappeler les Croisades qui nous montrent que les musulmans sont des revanchards et ne lâche pas le morceau.
Si Israël décidait d'abandonner un mètre carré, ils en demanderait un kilomètre carré, et si Israël abandonnerait un kilomètre carré, ils en demanderait 10 encore et ainsi de suite.
Vouloir faire la Paix avec des gens inspirés par un livre qui prône le génocide organisé, la disparition totale de votre ethnie, de votre religion, de votre histoire, est-ce réaliste ?
La destruction de 2 Temples, les pillages, les crimes et les convertions à la foi musulmane par la force, l'éxode, l'exil et la Diaspora...tout cela devrait être oubliés, rien que pour faire plaisir aux palestiniens ?

Œil pour Œil, mais qui sont donc les véritables victimes ?
Je n'ai jamais vu des Juifs Orthodoxes faire du prosélytisme et chercher à convertir les autres à leur foi.
Jamais eu de guerre provoquée au nom du Judaïsme.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/05/2008

Je n'ai jamais pardonné à l'éducation nationale de nous avoir caché une oeuvre majeure de Victor Hugo. Je ne l'ai découverte que plus tard, je l'offre à tous les ados de mon entourage et je voudrais que ce livre soit étudié par tous les élèves de troisième. Il s'agit d'un petit livre très court, précédé de deux préfaces admirables et qui dit TOUT sur la peine de mort. Il est accessible, facile, vite lu et inoubliable, il s'agit du DERNIER JOUR D'UN CONDAMNÉ.
N'oubliez surtout pas, au passage la seconde préface!

Écrit par : Victorine | 20/05/2008

"« Si je survivrais probablement à l'exécution d'un coupable indéniable, bien que je ne l'approuverais pas, je ne pourrais continuer à évoluer normalement dès la première exécution douteuse. »

En revanche, vous vous accommodez plutôt bien, me semble-t-il, d’une condamnation douteuse à la perpétuité, même si plus loin, vous dites préférer la mort à « dix millions de minutes à tourner comme un animal en cage »…"

Vous ne voyez vraiment pas la raison de mon opinion à ce sujet ? Si de nouvelles techniques apparaissent pour évaluer plus précisément la culpabilité ou l'innocence d'un condamné, il sera plus agréable pour lui d'être, le cas échéant, relâché vivant. Une amnistie posthume est peu amusante, même pour ses proches. Donc dans tous les cas où un doute peut exister (pour moi, 100% des affaires...), la réclusion à perpétuité est préférable.
Et, comme vous l'avez compris, si j'étais sûr d'être coupable (...), je préférerais la mort à l'enfermement perpétuel, oui.

Écrit par : Olivier Tauxe | 22/05/2008

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"« Suggérer qu'une peine de prison se résume à "passer son temps à bouquiner et à regarder la télé", j'espère que vous en conviendrez, est une simplification irréelle et naïve d'un séjour en prison. »

Victor a déjà parlé de la gamme d’activités offerte à un détenu, même parmi les pires, et je vous rappelle que l’ignoble Patrick Henry a passé son brevet (BEPC), son bac, obtenu une licence de mathématique et un diplôme universitaire de technologie en informatique.

Ceci démontrerait si besoin était la « supportabilité » des conditions de détention de l’un des plus abjects criminels français de la seconde moitié du XXe siècle. Et il y a des associations de défense des droits de l’homme qui veillent à ce qu’il en soit ainsi."
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Oui, heureusement, des associations de défenses des droits de l'homme veillent à cela. Car vous semblez oublier plusieurs choses ; premièrement, le rôle premier de la prison est de remettre l'Homme qui la visite dans le droit chemin, pas uniquement de le priver de sa liberté, deuxièmement, l'écrasante majorité des prisons de ce monde ne sont pas uniquement habitées par des meurtriers tels que Patrick Henry, mais par des pauvres gens ayant commis des crimes pouvant aller du vol à l'étalage au délit d'initiés (par exemple). Vous qui êtes fan de statistiques liées à la criminalité, vous n'êtes pas sans savoir qu'un lien existe entre criminalité et position sociale, donc que la prison permette à des tôlards de compléter (ou d'entamer) une scolarité nécessaire à la survie hors des murs de la prison me rassure plus qu'autre chose.
(Je persiste et je signe ; apprendre qu'un type comme Patrick Henry a fait des études en prison, tout en sachant qu'il n'en fera jamais usage m'amuse quelque peu)

Finalement, puisque vous ne parlez véritablement que d'une infime catégorie de criminels, vous semblez regretter que des meurtriers puissent bénéficier d'aide obtenues au travers du combat d'associations de défense des droits de l'Homme.
Ceci amène à un autre débat ; les meurtriers doivent-ils perdre leur statut "d'Homme" ?
Selon moi, on peut au contraire considérer que le meurtre récréationnel (par exemple) est un des points qui nous catégorise indéniablement dans la famille de l'Homme, puisqu'il est absent des comportements de tout autre habitant de cette planète.
J'ai bien compris que vous partagiez cet avis, puisque vous semblez penser qu'il est incorrect de considérer l'Homme comme intrinsèquement bon.
Il ne reste plus qu'à reconnaître qu'il est normal que même le plus abject des criminels soit défendu par les actions d'associations telles que celles que vous mentionnez.

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""...je ne pense pas que les proches des victimes vivent mieux une fois la peine executée..."

Penser que le type qui a brisé votre vie en tuant l'un de vos proches est peut-être en train de se marrer dans sa cellule, ou au parloir, doit tout de même être assez dur à vivre... Même dix ou quinze ans après."
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Comme quoi, dans la vie, tout est question de point de vue.
Tenez, moi, par exemple, le type dont vous parlez, j'aurais tendance à l'imaginer pleurant dans sa cellule (ou au parloir).

Écrit par : Olivier Tauxe | 22/05/2008

Nostalgie quand tu nous tiens, ah le bon vieux temps biblique "Œil pour Œil".

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 22/05/2008

Bonjour :)

Oui, Monsieur fourniret et son épouse sont des monstres au sens le plus abject du terme.
Leur croisade; si tant est que l'on puisse nommer ainsi de tels actes, serait tout juste digne du plus vil des animal.

A la question qui se pose, ou plutôt qui revient constamment, comme une rhétorique usée, celle de la peine de mort, je dis, que même si elle est méritée, de quel droit un humain se cacherait il derrière le grand appareil de la justice pour ôter la vie d'un autre ?
N'est ce pas se donner bonne conscience, que de dire à un accusé: Monsieur (ou Madame) la Loi m'autorise à vous couper en deux ou bien encore: Selon le Code de Procédure Pénale, votre crime mérite la mort...

Nonobstant, gageons, qu'effectivement, les consors fourniret et olivier méritent la mort. Mais ne nous rabaisserions pas à leur si basses oeuvres, si nous les mettions à mort. Que devrions nous, en tant qu'êtres humains, si nous étions "coupables" d'un tel acte ?

Je ne crois guère plus que vous à une éventuelle rédemption des deux bêtes fauves. Comme vous, je pleure en silence à la pensée de ses pauvres victimes innocentes, trop tôt et injustement sacrifiées sur l'autel de ce monde bien trop adulte et bien trop cruel pour elles.
Cependant, tant qu'une once de vie m'habitera, je préfèrerai l'enfermement à vie, à la peine de mort. Aussi mérité fusse t-elle.

Ne nous rabaissons pas au rang de pourceaux assassins, se vautrant dans le sang des impurs justement ou injustement châtiés.
Même s'il n'est pas question de pardon, car de tels actes ne sauraient susciter qu'horreur et mépris, n'écoutons la vindicte populaire qui susurre délicatement à nos oreilles. Sans quoi, nous perdriions notre status d'êtres humains et ressemblerions à ces fauves que nous combattons.

Écrit par : Birdy | 29/05/2008

il faut relire parfois sa bible et commenter le "tu ne tuera pas" et penser que la justice ce n'est ni une vengeance individuelle(qui est la tentation)ni un "réglement de compte" ni "cherchez des escuses à tous prix"(les avocats y arrivent trés bien tout seul)je me souviens que françois mitterand à fait abolir la peine de mort car il se souvenait avoir fait exécuter,en tant que ministre de l'intérieur de la IVe république,un communiste opposant à la guerre d'algérie..et pourtant le pere françois n'était ni un "enfant de choeur" ni opposé à la démagogie.je sais bien que le "léger souffle sur la nuque" introduit à la révolution française par le médecin maçon Guillotin(aqui n'à pas inventé l'objet)l'était dans un soucis d'égalité en lieu et place de la hache du bourreau(qui dérapait parfois!)l'écartelement et autres tourments réservés au "manants"..je sais aussi que 8OO.OOO "condamnés à mort"(à peu prés) esclaves,("objets qui parlent) déserteurs,vaincus civils des guerres(les soldats pouvaient parfois choisir de s'engager dans l'armée romaine)"bachantes" et autres chrétiens ,pendant l'empire romain, ont donné "des jeux" à la foule des citoyens à qui l'état donnait du pain en plus en échange de leurs votes-à condition d'habiter "l'urbs" de rome,fraudeur promis aux lions!et qu'il à fallu attendrre I79O pour qu'on décide(aprés hésitation) à abolir "la question"(ingirgiter de l'eau de force en bouchant les orifices)préalable à la procédure judiciaire prorement dite(avec torture)et à chaque époque le "bon"peuple en redemndait(pour les autres)depuis qu'on avait cessé de bruler les hérétiques "criminels" considérés "de droit commun"..Depuis que la "sainte" inquisition est devenu "congrégation pour la doctrine de la foi" on ne brule plus,même si les "suplices chinois" ne génent pas pekin et Guantanamo pas les uSA...Même si on aimerait que les assasins commencent par respecter la vie des autres l'abolition de la peine de mort n'est pas "une fantaisie" mais un "processus de civilisation"...a noter que la prison à vie rend fou,et que les truands détenus (et parfois les gardiens) aiment bien "punir" les assasins d'enfants ce qui ne fait pas de la détention un séjour meilleur(au contraire!)que l'exécution...pour le moment son principal profit est d'empécher la récidive et (peut être parfois?)de permettre au coupable de ptrendre conscience de son crime .on peut aussi méditer sur le livre(ancien!)de JOB "tu ne jugera pas"(sur le fond)autrement c'est se prendre pour le bon dieu et on sait ou ça méne!reste que les millions de morts de Staline,Hitler,Mao,etc ne genent pas à la notoriété des assasions de masse,et même si CHE GUEVARA fait l'admiration de certains en france,il faut bien savoir que c'est lui qui exécutait lui même certains condamnés pour "crime contre la révolution" ou "pour faire l'exemple"...alors méfions nous des opinions mais aussi respectons les victimes et leurs familles en ne publiant pas l'autobiographie d'un assasin en lui donnant ses droits d'auteurs!A noter que Mein Kamp est toujours lu (bien qu'interdit en france ce n'est pas le cas dans le monde entier)-donc il y à des éditeurs-et que les droits d'auteurs ne sont pas tous innocents!il est dangereux de régresser même si parfois cela "soulage" celui qui croit "bien penser" comme le disait le rabi jesus ,ne dites pas "bon maître""il n'est bon que dieu"!

Écrit par : gpradet | 05/06/2008

peine de mort rectification:c'est en I79I qu'on aboli la "question préalable" (et toutes sortes de tortures légales)tout en "uniformisant" la peine de mort,le rapporteur de la question'(parlementaire)était M de saint fargeau qui vota l'abolition des titres de noblesse et la mort du roi et qui fut assasiné en I793 ,par vengenace,par un ancien garde du roi!relire sa biographie sur le net,édifiant!la révolution continue comme dirais M Besancenot admirateur deChe Guevara qui éxécutait lui même les "contree-révolutionnaires" désignés!

Écrit par : gpradet | 07/06/2008

Le genre gazelles ? Qu'est-ce ? Le genre gazelle je veux bien, mais alors que vient faire ce "s" à la fin du mot ?

Écrit par : Piveau | 16/06/2009

La guillotine est dégoûtant

Écrit par : marie | 05/04/2011

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