08/04/2008

Le Plouc veut allumer sa flemme olympique

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Suivre la flamme olympique à Paris n’a rien d’une promenade de santé. Oublions la pluie neigeuse qui, par intermittence, a éteint la Ville-Lumière, lundi 7 avril. Le plus difficile est de l’apercevoir entre les cars de CRS, les chevaux de la Garde Républicaine, les doubles ou triples rangées de flics coureurs et rolleurs qui protègent les athlètes porteurs de cette flamme désormais honnie. Franchement, à quoi bon dépenser 400 000 euros pour une si lamentable cérémonie? Pour la morale, rappelons que ce relais a été conçu à l’ère moderne par Karl Diem afin de promouvoir les Jeux nazilympiques de 1936 à Berlin et complaire ainsi au désir de puissance de son Führer.

Le Plouc parvient tout de même à guigner de très très loin, la torche aussi protégée que Bush. Pendant 5 secondes, lorsque Stéphane Diagana – spécialiste des courses de haies mais pas de haines – descend les marches du premier étage de la tour Eiffel. Sous les sifflets, les huées, les lazzis que tentent de couvrir les officiels pékinois avec force tambours et cymbales. Les sifflets, les huées, les lazzis montent donc d’un cran eux aussi. Dans cette épreuve sonore, le régime de Pékin n’a pas décroché la médaille d’or.

Pfuit, la flamme disparaît dans une nuée d’uniformes ! Le cortège s’arrête. Personne ne sait ce qui se passe. «On a éteint la flamme», clame une voix saluée par une salve d’applaudissements. «C’est Diagana qui a soufflé dessus», suppute une autre. «C’est pas vrai, elle est toujours allumée», croit savoir une troisième. «C’est le bordel», conclut une quatrième qui résume fort bien la situation.
On apprend plus tard que les policiers ont décidé d’éteindre la flamme pendant une vingtaine de minutes pour raison de sécurité. Elle a été ranimée par le feu olympique qui crépite à l’abri d’un énorme bus caparaçonné comme un éléphant d’Hannibal.

Après le Palais Bourbon, la foule se regarde parmi: «Mais où elle est c’te flamme?». Comme le furet de la chanson, elle a passé par ici, par là. Mais personne ne l’a vue. Un peu plus loin, même absence de torche. En revanche, flottent moult drapeaux tibétains et noirs frappés des anneaux olympiques en forme de menottes. Tout au long du parcours, les manifestants manifestent mais les autres spectateurs n’ont pas la moindre étincelle à se mettre sous la pupille. Heureusement d’ailleurs pour le bien-être de leur rétine.


Partons donc au stade Charléty, c’est là qu’elle doit être remise pour s’en aller se faire conspuer à San Francisco. On va donc forcément la voir cette fois-ci, non? Plus d’un millier de personnes ont pris la même décision et se pressent aux barrières. Des CRS habillés en gardiens de hockey sur glace ordonnent à des Protibétains de mettre leur drapeau dans leurs poches. Aussitôt, des dizaines d’étendards tibétains fleurissent pour les narguer. Les gardiens de hockey se consultent du regard: «On fait quoi?». Puis, prennent d’un commun accord la solution EM (1) qui s’impose: regarder ailleurs.

Un gaillard a réussi à franchir le premier barrage de police et court au milieu du boulevard Kellermann. Il court, mais à la poursuite de quoi? La torche demeure invisible. Remarquez, il ne court pas longtemps. D’autres gardiens le cueillent pour le porter vers son destin d’interpellé. Quelle classe, les gardiens de hockey à Paris! S’ils laissent des plumes contre les Lions zurichois, les Aigles du Genève-Servette devraient en essayer un ou deux…

Un gros car, accompagné par l’armada policière, s’arrête devant le stade Charléty. On entend des gueulées. On ne voit rien, comme d’habitude. Un flic en civil mais avec brassard se marre: «La flamme, elle a pris le bus!» C’est donc à l’intérieur de ce car ventru que le brasier olympique s’est frayé un chemin dans le Sud parisien. Pour fêter l’événement, un feu d’artifice éclaire le stade. Les huées redoublent. La foule tourne le dos à cette minable exhibition pyrotechnique. Et le Plouc s’en retourne chez lui, tirer sa flemme olympienne.

 

Jean-Noël Cuénod

 


(1) Bien connue de tous ceux qui ont subi l’Armée, la Protection Civile ou les deux, la solution EM signifie: «Emmerdement minimum».

 

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Commentaires

c'est d'accord les allemands comprennent plus la réalité non démocratique que l'état francais et son chef!C'est aussi que les allemands ont été échaudés et savent qu'entre la vérité et le mensonge en chine-contrairement à l'occident greco latin-il n'y à ni bien ni mal en soit et que le symbole "flame olympique" demande de la protection alors que le symbole" drapeua thibetain" est tellement agressif et perturbe tant le pouvoir et la police de pekin que cela vaut,en chine,un an de prison!étonnez vous alors que la police pékinoise,soutenue moralement par la communautée chinoise parisienne rameutée(à t'elle le choix?triades ou pas triades,la police française peut dormir en paix!)ait été perturbée par la "simple" vision d'uin drapeau et ai,d'autorité,clos-temporairement-la flamme pour la vehiculer en car!Mais aussi pourquoi l'ambassadeur de chine nouveau à paris n'àpas été recu dés son arrivée?

Écrit par : gpradet | 15/04/2008

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