29/03/2008

Procès Fourniret: la présomption d’innocence peut-elle être immorale?

Pour les Cours et tribunaux, la présomption d’innocence doit rester un principe sacré du droit, en toutes circonstances. Sans elle, l’arbitraire et la tyrannie s’engouffrent dans nos vies. Jamais, les juges ne devraient s’en départir. Ne devraient, car ils ne suivent pas toujours les nobles préceptes qu’ils enseignent.

Qu’en est-il de la presse qui la piétine si souvent? Certains journalistes affirment que l’application de ce principe ne s’étend pas à l’exercice de leur profession et que cette présomption reste affaire d’avocats et de magistrats. C’est oublier que les comptes rendus d’un procès font partie intégrante de la peine à infliger. Qu’on le veuille ou non, il y a dans la chronique judiciaire, même prudemment rédigée, un «effet pilori». Etre jugé en catimini ou en pleine lumière, cela change tout. Dès lors, les journalistes ne sauraient écarter la présomption d’innocence d’un revers de stylo.

Mais en suivant le procès de Charleville-Mézières, le Plouc s’est demandé si le respect systématique de cette règle, par la presse, ne pouvait pas devenir immoral dans certains cas rarissimes.

 

Pendant deux jours, jeudi et vendredi, deux greffières procèdent à la lecture de l’«Ordonnance de mise en accusation», nauséeuse et minutieuse description des sept viols et meurtres de fillettes et de jeunes filles que Michel Fourniret et sa femme Monique Olivier ont avoués. Aucun détail, aucun acte sordide ne nous sont épargnés. Au bout de quelques minutes de cette litanie monstrueuse psalmodiée d’une voix que le ton monocorde rend hypnotique, les crimes se nimbent dans un halo d’irréalité. Ainsi banalisés, ils se réduisent à l’état de faits anodins.

Dans les salles d’audience – faute de place, le procès est retransmis sur écran géant dans deux autres locaux du Palais de Justice – les débats sont suivis par un nombre impressionnant d’adolescents. Au début de la lecture, ils ouvrent de grands yeux horrifiés. Puis, progressivement, paraissent anesthésiés par cette nomenclature et, enfin, se mettent à rigoler. Une horreur de plus ou de moins, quelle importance? Le nombre des crimes débités de façon apparemment indifférente occulte le caractère unique et irremplaçable de chaque vie massacrée.

 

Il appartient alors à la chronique judiciaire de sortir de la neutralité pour rappeler les ravages provoqués par ces viols et meurtres commis dans l’unique but d’assouvir des fantasmes à la perversité absolue. S’en tenir à un respect scrupuleux de la présomption d’innocence en pareille circonstance, revient donc à participer à la banalisation du mal. D’autant plus que Fourniret, dans ses poses très étudiées, revendique son statut de coupable.

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Pour ne pas s’enfoncer encore plus dans la boue, le Plouc vous propose cette photo de Mère Teresa et son pur amour de l’enfance.

 

Jean-Noël Cuénod, envoyé spécial à Charleville-Mézières

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25/03/2008

Tibet: quand le sport pourrit la politique

«Ne soyons pas plus Tibétains que les Tibétains, n’est-ce pas?» Cette phrase court le long des ondes médiatiques dès que la question du boycottage des Jeux olympiques à Pékin est abordée. Après tout, le Dalaï-Lama lui-même ne le réclame pas. Pourquoi donc s’indigner devant le massacre des Tibétains par la dictature chinoise, au risque de fâcher cette puissance qui n’en finit pas d’émerger?
C’est oublier que, dans sa position, le Dalaï-Lama ne peut pas évoquer publiquement le boycottage, car il espère toujours renouer le dialogue avec Pékin pour tenter de négocier au moins une certaine forme d’autonomie du Tibet au sein de la Chine. Mais les Occidentaux auraient pu au moins laisser planer cette menace pour accentuer la pression sur ce monstrueux régime qui allie capitalisme sauvage et socialisme barbare. En l’abandonnant d’emblée, ils ont envoyé ce message aux massacreurs de la culture tibétaine: «Faites ce que bon vous semble à Lhassa mais discrètement, s’il vous plaît».

 

Certes, le boycottage ne constitue pas la panacée. Toutefois, les Chinois placent tellement d’espoirs dans la réussite de «leurs» Jeux olympiques qu’il aurait dû rester l’arme du dernier recours.

La veulerie des gouvernements occidentaux n’a rien d’étonnant, compte tenu de l’imbrication des grandes sphères de l’économie mondiale. Cela n'excuse pas la réaction de certains sportifs interrogés, notamment, par France-Info sur l’éventualité d’un boycottage confine à l’obscène. «Vous vous rendez compte? Cela fait des années que nous nous sacrifions pour ces Jeux. Et on veut nous empêcher d’y aller! Mais c’est l’attente de toute une vie qui serait ainsi liquidée», s’étrangle l’un. «On en a assez que les politiciens prennent les sportifs en otages!», éructe un autre.
La belle affaire! Le peuple tibétain, n’est-il pas pris en otage depuis un demi-siècle, peut-être? Et dans des conditions sans commune mesure avec le drame minuscule d’un athlète privé de médailles rémunératrices ou d’un sponsor dépourvu d’arguments publicitaires. L’un et l’autre s’en remettront. Le peuple tibétain, lui, risque de voir sa culture écrasée par le rouleau compresseur pékinois, ses enfants fusillés et embastillés. Mais dans le classement de nos priorités, cela compte si peu…

 

Nous n’hésitons pas à frapper la poitrine de nos grands-pères en fustigeant leur pusillanimité devant l’Allemagne nazie et la Shoah. Mais notre génération, que fait-elle devant le génocide culturel qui se déroule au Tibet, là, maintenant, sous nos yeux? Durant la Deuxième Guerre mondiale, les informations ne circulaient pas et Hitler écrasait l’Europe continentale qui ne pouvait guère crier. Aujourd’hui, nous sommes bien en peine de présenter de telles excuses. Des Rolex et des Jeux, telle est notre devise.

 

Il y a quelques années encore, aucun sportif n’aurait osé étaler au grand jour un tel cynisme. Après l’écrasement de la révolte hongroise de 1956 par les chars de Khroutchev, les athlètes suisses n’avaient-ils pas refusé de participer aux Jeux de Melbourne? Autre temps où le sport n’avait pas encore atteint sa dimension d’opium massif du peuple.
Avec les affaires de dopage à répétition, l’omniprésence du fric et l’aveuglement devant les dictatures, c’est bien le sport qui pourrit la politique. Et non l’inverse.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

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19/03/2008

Euthanasie et douleur sans retour (2): Chantal Sébire dans l'Eternel présent

Dans le brouhaha des ondes, une nouvelle surgit: le calvaire de Chantale Sébire a pris fin et rejoint l'Eternel présent. Que l'on garde d'elle dans nos mémoires vives, ce sympathique visage d'avant la tumeur. Et qu'en son souvenir, les invectives s'effacent.

Les commentaires à un blogue sont libres. Aussi en règle générale certains blogueurs évitent-ils de répondre. Mais j'apporterai une précision à un commentaire qui se présente comme une rectification de fait. Et sur ce fait, je dois donc m’expliquer. J’avais écrit qu’avec l’article 115 du Code pénal suisse, l’assistance au suicide n’était pas réprimée lorsqu’elle était entreprise dans un but non-égoïste. Ce correspondant, que je remercie, indique que la justice n’est pas écartée en l’occurrence puisqu’il y a enquête qui se conclut - si les conditions de l’application de l’article 115 ne sont pas remplies - par un non-lieu. C’est-à-dire par la renonciation à organiser un procès.

 

Dans mon propos, il appartient au juge (ou le jury) de constater que telle personne a aidé une autre à se suicider, que ce «don de la mort» reste interdit par la loi mais que compte tenu des circonstances particulières posées par ce cas, il ne prononce pas de peine. Or, cette démarche ne peut être accomplie que dans le contexte d’un procès public et contradictoire. Un procès qui, dans toutes les sociétés, développe cet élément essentiel à la vie en commun, la «catharsis», c’est-à-dire à la «purgation des passions». Par définition, le non-lieu empêche le procès public et s’oppose donc à la «catharsis». Et c’est bien ce que je reproche à cet article 115.

 

 

 

Pâques est là pour rappeler à chacune, à chacun d’entre nous, que la vie triomphe de la mort. Mais ces mots sonnent forcément faux à ceux qui se battent contre la douleur et qui ne peuvent en témoigner tant elle leur paraît incommunicable. Le Christ est la seule figure qui apparaît réelle dans ce brouillard de souffrances et de paroles vaines. Non pas le Christ sanglant et crucifié des peintres magnifiques du Quattrocento. Mais le Christ vainqueur de la souffrance et de la mort, tel que le représente génialement Salvador Dalí.

Bien à vous tous Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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15/03/2008

Euthanasie et douleur sans retour

 

Des millions de téléspectateurs et lecteurs ont été saisis par cette image de la douleur sans retour: le visage de Chantal Sébire qu’une tumeur torture. Comment réagir? Tous les mots se révèlent impuissants. Seul le silence d’une prière intérieure paraît approprié. Mais notre société n’aime pas le silence. Alors, elle bavarde, laisse fleurir son émotion et sa compassion. Ce qui est la moindre des choses devant un drame d’une telle ampleur. Mais dès que l’on veut examiner avec nuances la requête déposée par Mme Sébire – qui a saisi la justice pour qu’elle donne le droit à son médecin de lui administrer une dose mortelle – l’opinion crie à la sécheresse de cœur. A la vision de cette souffrance intolérable, une seule issue paraît possible: changer la loi française et autoriser le suicide assisté puisqu’aucun traitement ne semble efficace pour effacer les douleurs de cette mère de famille. Or, ces diktats de l’émotion peuvent mener la société à des périls collectifs.

Introduire dans la loi le droit à la mort consiste à faire éclater le socle de principes sur lequel notre société s’est élevée. Dès son origine, la loi a pour but principal de protéger la vie humaine et sortir l’humanité du chaos des haines, des vengeances, des cupidités. Insérer la mort – ne serait-ce qu’à dose modeste - dans ce principe fondamental revient à nier ce qui fait la substance même de la loi.

Donner à la loi cette puissance inouïe d’autoriser qu’une vie puisse être ôtée pour de nobles motifs – faire taire les souffrances – ouvrira la porte à toutes les dérives. Surtout dans l’état moral de notre société obnubilée par le profit à court terme, la rentabilité à tout prix et l’économisme à tout va. Tout d’abord, la loi autorise le «don de la mort» pour les malades incurables et crucifiés de souffrances. Puis, petit à petit, on abaisse le seuil de la loi. Et à l’avenir, le risque d’euthanasier les seniors qui coûtent trop cher à la société ne saurait être écarté.

 

Les médias français citent, à cet égard, l’exemple suisse, manifestement sans le connaître. Or, l’article 115 (1) de notre Code pénal n’autorise pas l’assistance au suicide, contrairement à ce qui est diffusé en France. Il réprime l’assistance au suicide lorsqu’elle est mue par un mobile égoïste. Il se tait lorsque cette assistance au suicide est prodiguée pour des motifs compassionnels. Il se tait mais n’ordonne pas la mort pour autant. Toutefois, comme notre société médiamercantile ignore la valeur des nuances, cet article 115 est perçu comme un «droit à mourir». En ce sens, il n’est donc pas satisfaisant. D’ailleurs, si l’on suit la vision extensive du texte, on peut se trouver devant cette situation: une personne dépressive, mais ne souffrant pas d’un mal incurable, obtient d’un ami qu’il lui donne la mort sans que celle-ci ne lui profite. Le dit ami n’aurait donc pas à répondre de son geste devant les juges.

 

 

 

Il aurait mieux valu continuer à réprimer toute assistance au suicide, quitte à laisser à la justice le droit de ne pas appliquer de peine. Aux juges de dire: vous avez donné la mort. Cet acte est gravissime. Mais compte tenu des circonstances, nous renonçons à prononcer une peine contre vous. Exclure la justice de ce processus, c’est banaliser l’acte de donner la mort.

 

 

«Vous écrivez cela bien confortablement installé dans votre fauteuil. Mais si l’un de vos proches subissait le même martyr que celui de Mme Sébire, que feriez-vous?» L’interpellation est légitime. Mais il est impossible d’y répondre. Il faut vivre le cas pour mesurer notre réaction personnelle. Cela dit, il est de situations où la loi doit être transgressée. En pleine connaissance de cause, on ne lui obéit pas. Mais on ne la nie pas pour autant. Le philosophe français Jacques Ricot a beaucoup étudié l’euthanasie. Voici un extrait d'un de ses écrits puisés sur l'Internet:.

(…) il se trouve des situations où l’on ne peut pas faire autrement que de transgresser ses propres principes, non pas en raison d’un laxisme coupable ou d’une négation de la loi, mais plus prosaïquement, parce que l’on n’a pas pu faire autrement. Mais la transgression d’une loi n’a rien à voir avec sa négation. Et ce n’est point parce qu’il peut arriver qu’on soit obligé de transgresser la loi que celle-ci devient obsolète.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

(1)Article 115 CPS :  Celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

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10/03/2008

Elections municipales françaises: faut que ça roule!

Oubliez tous les commentaires que vous avez lus sur les élections municipales. Le Plouc va vous livrer, ici et maintenant, le vrai secret de la réussite électorale. Nanti de ce viatique, tout marche comme sur des roulettes pour le candidat, qu'il soit de gauche, du centre, de droite, de partout, de nulle part.

 

Quel est-il, ce secret, demanderez-vous avec cette hâte qui vous caractérise?

Avant de dévoiler tout à trac l'énigme, le Plouc vous pose cette question à un ticket de carte orange. Quel est le point commun entre les grands vainqueurs du premier tour des élections municipales, Alain Juppé, Duc de Bordeaux, Gérard Collomb, Primat des Gaules à Lyon et Bertrand Delanoë, Imperator Lutetiae? LES ROUES!

Oui, les roues. Demandez à un Bordelais, ce qu'il retient du règne de Juppé. Il vous rétorquera aussitôt, sans même y réfléchir: LE TRAM. Il a certes pécloté au début - le tram veux-je dire, quoique Juppé aussi ...-. Mais aujourd'hui, il se meut sur l'asphalte bordelais avec des airs de boa repu tout à fait sympathique - toujours le tram, bien sûr, quoiqu'aujourd'hui l'ancien premier ministre a des petits airs de boa repu.

 Traversez la France d'Ouest en Est et posez la même question à un Lyonnais à propos de Gérard Collomb. Entre deux mâchonnements de mâchon, il vous répondra: LE VELO'V (pas facile à prononcer en enfournant un tablier de sapeur). Il s'agit de ces vélos installés à chaque coin de rue et loués aux passants. Lyon a d'ailleurs précédé Paris à ce propos.

Justement, Paris. restons-y. Bertrand Delanoë, lui, a cumulé. Les Parisiens ont eu droit aux deux: LE VELIB' et LE TRAM! Normal, me direz-vous, il n'est pas Imperator Lutetiae pour des prunes. 

 

Dès lors, gageons que ces prochaines années, la France sera couverte de Vélib', de Vélo'v, de tram's. Les autres maires auront compris la leçon: les élections, faut que ça roule. Et si possible que ça roule écologiquement correct. Sinon, ce sont les électeurs qui les rouleront. Dans la farine. Et essayez de rouler dans la farine...

 

Jean-Noël Cuénod

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09/03/2008

Elections municipales françaises. Paris vote sous la pluie

Ce dimanche matin, les cartes d'électeurs sont embuées. Une petite pluie opiniâtre, fine, serrée huile les pavés d'une graisse périlleuse pour les cols du fémur fragiles. Un temps à rester chez soi pour humer la blanquette de veau qui mitonne. Un temps à ne pas voter. Même le sourire béat des candidats sur les affiches se transforme en rictus.

 

Le Plouc a  secoué sa flemme pour accomplir un petit tour des bureaux de vote dans certains coins du Sud parisien. Premier constat: les électeurs sont plus nombreux que dans nos locaux électoraux helvétiques. Il faut dire qu'en France, il n'est pas question de voter de façon anticipée, ni par internet, ni par correspondance. Et le vote se déroule en un seul jour, le dimanche. De plus, voter pour les Français est chose plutôt rare comparée à nos consultations quasi-bimestrielles. Les Suisses sont des blasés de la démocratie. Les Français, pas encore.

Et ne croyez pas qu'en France, les jurés électoraux prennent leur rôle à la légère comme le démontre cette scène vue dimanche matin à 11 h. 15 au bureau numéro 57, rue Vendrezanne dans le treizième arrondissement. Un citoyen s'avance vers la table où sont déposés les bulletins - ils ne sont pas placés dans l'isoloir comme chez nous - fait son petit marché de listes, en choisit une, la glisse dans l'enveloppe idoine pour la jeter dans l'urne transparente. "Halte là!" s'écrie la présidente du bureau."Vous devez passer dans l'isoloir. C'est la loi." Le monsieur râle pour la forme, se rend dans l'isoloir, y esquisse un pas de danse et en sort:"ça va comme ça". "C'est parfait. Vous pouvez voter maintenant." Preuve est ainsi offerte qu'à Paris, on peut être raide comme la justice de Berne!

 

Cela dit, à l'aune française, les électeurs sont relativement peu nombreux, de l'avis d'une dizaine de responsables de bureau. "Aujourd'hui, ils ne sont que quelques uns. Mais lors des présidentielles, il y avait une longue file d'attente", explique l'un d'entre eux. Un autre précise:"De toute façon, les élections municipales attirent moins d'électeurs que les présidentielles".

Au bureau numéro un, mairie du treizième arrondissement, à 11 h. 30 le président avait compté 237 électeurs sur quelque 1300 inscrits. "C'est quand même un bon score. Après tout, les Parisiens sont encore en vacances et comme ils peuvent voter jusqu'à 20 heures, ils se rendront aux urnes, le soir, à leur retour."

La pluie a-t-elle douché les passions? Pas la moindre invective, pas le plus menu murmure. Les opérations électorales se déroulent dans un calme absolu. On entendrait voter un faux électeurs du Ve arrondissement!

 

DERNIERES NOUVELLES: A 17 h., le ministère de l'Intérieur annonce une participation de 56,25%, légèrement supérieure à celle des élections locales de 2001 (53,20%)

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris.

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04/03/2008

Dieu, Sarkozy et nous (7): un «R» suspect!

Un «R» arrive et voilà qu’une société change d’ère! Cet «R» suspect, en s’introduisant dans le mot «cultuel», le transformerait en «cultuRel».

 

 Nous touchons là au fond de la polémique qui mobilise le camp laïque contre les propos de Nicolas Sarkozy sur la «laïcité positive». Une sorte de la laïcité qui permettrait à l’Etat d’intervenir dans le domaine religieux sous certaines conditions.
En France, la loi de 1905 interdit aux organismes publics de subventionner les institutions religieuses et les associations cultuelles. En revanche, la loi de 1901, qui régit les sociétés sans but lucratif, permet aux collectivités publiques, notamment locales, d’apporter leur soutien financier aux associations cultuRelles.

 


Le Grand Maître du Grand Orient de France Jean-Michel Quillardet craint fort qu’en amendant la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le président Sarkozy cherche à transformer les associations cultuelles et associations cultuRelles «loi de 1901», ce qui leur permettrait de recevoir les deniers publics. «Et cela, nous ne l’acceptons pas» a prévenu le patron de l’obédience maçonnique française la plus riche en nombre de membres, lors d’un débat avec le père Verdin («Figaro Magazine» du 29 janvier dernier). Signalons en passant que le père Verdin est l’un des coauteurs avec Thibaud Collin et… Nicolas Sarkozy du livre «La République, les religions, l’espérance» (Editions Pocket).

 

Sarkozy – ou plus vraisemblablement son conseiller Henri Guaino - veut utiliser les religions, non seulement comme une sorte de tranquillisant social pour quartiers énervés, mais aussi en tant que fabriques de sens.
Mener une politique en rupture avec ce qu’il qualifie de «politique étatiste»  - et que d’autres nomment de plus noble façon le «colbertisme» - ne peut s'accomplir sans accompagnement idéologique. L’homme ne vit pas que de pain. Et encore moins de statistiques. Il faut lui donner un rêve et lui assigner un but plus élevé que les performances économiques. Sarkozy cherche donc à employer les religions à cette fin.

 


Voilà qui paraît dangereux tant pour l’Etat que pour la Foi. A suivre…

 

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