29/02/2008

Dieu, Sarkozy et nous (6): l’esprit monarchique sous les masques de la République

Certes, nul séant dynastique ne se posera sur le trône de France. Néanmoins, l’esprit monarchique peut grimacer sous les masques de la République.

En instaurant une démocratie centrée sur un homme, de Gaulle a redonné une teinte monarchique à la France. A titres divers, les présidents français, du Général à Jacques Chirac, ont plus ou moins avivé cette teinte en fonction de leur tempérament. Mais avec Nicolas le Frénétique, cette personnalisation est poussée à son paroxysme. Dès lors, le terme de «monarchie élective» utilisé par Laurent Joffrin, directeur de «Libération» caractérise fort bien la situation actuelle créée par un personnage qui fait tourner autour de lui tous les acteurs sociaux, politiques, économiques, médiatiques et juridiques.
Dès lors, la volonté de Sarkozy de redéfinir la société française pour qu’elle puisse enfin s’insérer dans la globalisation, devient un acte avant tout personnel. Dans son optique, c’est à lui qu’il revient de tirer la France vers ce but. Mais pour ce faire, il a besoin d’alliés et de forces idéologiques d’accompagnement.

 

Or, justement, les grandes idéologies sont mortes ou moribondes. Le communisme repose désormais dans son mausolée. C’était l’un des rares systèmes politiques à proposer à ses fidèles une transcendance, l’avènement du communisme – société où les antagonismes ont trouvé leur résolution dans le dépassement de l’Histoire - remplaçant l’avènement du Messie. Les autres idéologies ont mauvaise mine. La social-démocratie ne sait plus où elle habite. Quant au libéralisme, il est rejeté par une grande partie des Français. De toute façon, contrairement au communisme, elles ne se situent pas dans la transcendance et se contentent de gérer le réel. Elles ne cherchent pas à produire du sens.

 


Dans sa recherche de forces idéologiques d’accompagnement, Nicolas Sarkozy doit donc se retourner vers les rares institutions productrices de sens: les confessions. D’où ses discours répétés sur leur importance et sa volonté d’en faire ses interlocuteurs privilégiés.
A l’autocratisme de la démarche sarkozienne s’ajoute donc le dessein de replacer les institutions confessionnelles dans les mécanismes du pouvoir. Voilà autant de signes prouvant que la République se monarchise de façon encore plus affirmée que durant les précédentes présidences. Il était inévitable que cette tendance réveille les esprits républicains et fasse sortir de ses gonds le Grand Orient de France, gardien des valeurs laïques qui les irriguent.

 


Comment Nicolas Sarkozy va-t-il s’y prendre pour insérer les confessions dans son jeu? Nous le verrons lors de notre prochain blogue. Il y sera question de l’importance capitale de… la lettre «r».

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

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24/02/2008

Dieu, Sarkozy et nous (5) : les racines de la polémique


Si l’Omniprésident s’agite dans les bénitiers avec autant de vigueur que de constance, c’est en partie pour faire diversion chaque fois que les médias embouchent leur trompette par le mauvais embout : baisse du pouvoir d’achat, politique des caisses vides, drame familial à Neuilly-sous-Sarko, députés de droite ulcérés, sondages en berne. Mais surtout Nicolas Sarkozy veut s’appuyer sur la religion pour redéfinir la société française, qu’il voit empêtrée dans un conservatisme qui tient à l’alliance objective entre la social-démocratie hexagonale et le bonapartisme revu et corrigé par de Gaulle.

 Les gaullistes traditionnels et les socialistes ont toujours suivi la même ligne par rapport à la religion : ne pas toucher à la Loi de 1905 séparant l’Eglise de l’Etat. Sur ce point au moins, Sarkozy a démontré sa volonté de rupture. Ce qui suscite des réactions hostiles non seulement à gauche mais aussi à droite au sein, justement des gaullistes traditionnels emmenés, entre autres, par Dominique de Villepin qui attend son non-lieu dans l’affaire Clearstream pour sonner la charge contre Nicolas le Frénétique.

 

Ce retour des institutions confessionnelles dans les préoccupations de l’Etat français réveille les anciens antagonismes qui opposaient au XIXe siècle et durant les deux premières décennies du XXe, l’Eglise romaine, puissante, totalitaire et monarchiste, au camp des républicains. Dans ce camp cohabitaient athées et agnostiques mais aussi des catholiques qui ne suivaient pas les diktats romains contre la République, une grande partie des communautés juives et des églises protestantes.
La Franc-Maçonnerie – née dans un contexte chrétien mais qui, au cours de sa très longue Histoire, a souvent entretenu des relations tendues avec le pouvoir ecclésiastique – a constitué la principale élite fédératrice de ce courant vaste et hétéroclite, du moins son obédience la plus importante en nombre de membres et de loges, le Grand Orient de France. D’autres obédiences maçonniques, notamment celles qui partageaient les sensibilités déistes voire théistes de la Franc-Maçonnerie anglo-saxonne, se sont montrées plus circonspectes, voire franchement hostiles à cette démarche qu’ils jugeaient – et jugent toujours – contraire aux traditions de non-engagement politique et de réflexion ésotérique sur la destinée humaine et ses rapports avec le Grand Architecte de l’Univers.

 


Pour que la République puisse croître dans un terreau – la France – qui, malgré les clichés, ne lui était pas favorable, ses partisans ont donc dû s’attaquer à l’Eglise catholique romaine, foyer idéologique du camp monarchiste. Certes, la République a été proclamée dès 1870, toutefois, elle essuyait les attaques incessantes des monarchistes et de l’Eglise. Or, celle-ci, par sa place éminente au sein de l’enseignement entre autres, demeurait la grande formatrice des intelligences. Le Grand Orient de France a donc tenu le rôle de « contre-Eglise romaine » à cette époque. A la liturgie et aux prêches ecclésiastiques, il opposait ses rituels et ses « planches » (textes écrit par des francs-maçons et lu en Loges).
La loi de 1905 séparant l’Etat de l’Eglise, conçue en partie par des responsables politiques appartenant au Grand Orient de France ou proches de lui, a changé radicalement cette donne. La « fille aînée de l’Eglise » y a perdu ses liens ancestraux avec l’Etat, ce qui a suscité la vive hostilité des milieux catholiques et provoqué de larges déchirures dans le tissu social français.

 La Première Guerre mondiale a, paradoxalement, pacifié cette querelle entre République française et Eglise romaine. Face à l’ennemi allemand, les principales forces politiques, culturelles et morales de la France ont décrété l’union sacrée. L’Eglise a aussitôt suivi le mouvement. C’est ainsi que des officiers monarchistes portant des noms à particule sont morts pour la République. Certes, le mouvement antirépublicain a connu son dernier soubresaut avec le régime de Pétain. Mais la République avait définitivement remporté la guerre des idées après l’armistice de 1918.

 

Cela dit, comme l’écrit Aragon dans son poème « Epitaphe », « avoir vaincu est trois fois rien, du moment que l’homme, de l’homme est comptable. » La République n’est pas acquise une fois pour toute. Affaire à suivre donc, à la lumière, éblouissante et sombre, du sarkozysme.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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19/02/2008

Ben-Ami Koller, au nom de tous les siens qu’il n’a pas connus


Pour votre prochain séjour à Paris ne manquez pas l’exposition que la captivante Galerie Pierre Marie Vitoux consacre aux œuvres récentes d’un peintre majeur de l’art contemporain, Ben-Ami Koller.
Comme le metteur en scène Roman Polanski a réalisé le chef-d’œuvre de sa vie avec «Le Pianiste» en faisant monter en mémoire la révolte du Ghetto de Varsovie, Ben-Ami Koller a créé le sien avec sa série «Auschwitz». Il a fallu toute une vie d’homme, toute une vie d’artiste pour parvenir à ce sommet. Un sommet qui fait partie d’une chaîne alpestre. Car Ben-Ami Koller peut en envisager d’autres. Son chemin vers lui-même et les siens, avec leurs ombres lumineuses, est loin d’être achevé. Mais c’est une étape décisive que le peintre vient de franchir.

 

Cette exposition ne contient pas d’autres mots que ceux-ci: «A tous les miens que je n’ai pas connus». Et tout est dit, l’essentiel étant évoqué (invoqué?) par les œuvres présentées à la Galerie Vitoux. Né en 1948 à Oradea (Roumanie), Ben-Ami Koller n’a donc pas pu vivre avec ses grands-parents déportés vers Auschwitz par le système antisémite des nazis. Mais il porte leur présence. Une présence qu’il a suffisamment mûrie en lui pour qu’elle puisse prendre forme sur la toile. Dès lors, Ben-Ami Koller n’illustre pas la souffrance des martyrs de la Shoah, il ne la re-présente pas, il est cette souffrance. C’est elle qui s’inscrit dans le tableau comme une inaliénable partie de son être. Cette distance - source de malaise pour celui ou celle qui regarde les scènes de la Douleur majuscule – se voit ainsi abolie. La femme et l’homme qui contemplent l’un des tableaux de la série «Auschwitz» se trouvent placés en position de témoin et non pas de voyeur.

 

La démarche de Ben-Ami Koller se situe à l’opposé de celle choisie par l’écrivain Jonathan Little et de ses «Bienveillante». Pour ce dernier, la complaisance qu’on lui reproche souvent n’est pas une faute puisqu’elle fait partie de son propos. Il lui fallait étaler l’ignominie froide de son anti-héros et le spectacle de l’horreur pour aller jusqu’au bout de ce qu’il voulait dire.
Si Ben-Ami Koller avait pris ce parti, il serait allé à fin contraire de ce témoignage qu’il nous fait vivre. En évitant toute complaisance, il donne à ses œuvres une vérité qui puise sa force dans la pudeur. Le peintre restitue le cri silencieux des martyrs, sans concession mais sans la moindre once de spectacle. En ce sens, Koller fait un acte de vie qui va bien au-delà d’un réquisitoire.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

La Galerie Pierre Marie Vitoux est située dans une petite venelle du Marais, tout près de la place du Marché Sainte-Catherine, au 3, rue d’Ormesson (Paris IVe), métro Saint-Paul. Pour tous renseignements, se référer au site: http://www.galeriepierremarievitoux.com
L’exposition de Ben-Ami Koller se tiendra jusqu’à samedi 1er mars.

On peut aussi visiter le site de l'artiste à cette adresse:

http://www.benamikoller.com

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15/02/2008

Pour aimer la France, faut-il en dénigrer les voisins?

Sympathique écrivain, Denis Tillinac! Voilà le genre d’homme avec lequel il ferait bon boire un petit sancerre tout embué de charme malicieux sur le comptoir d’un bistrot de village où ronronne un antique morbier et ronfle un matou du même âge. A moins que ce ne soit l’inverse. J’allais donc cheminer vers mon libraire pour y acquérir son dernier livre, «Dictionnaire amoureux de la France» paru chez Plon. Mais l’interview de l’écrivain sur France-Info vendredi matin m’en a dissuadé.

 

Que Denis Tillinac célèbre les beautés de la France, voilà qui est légitime, louable même. Qu’il le fasse en dénigrant les pays voisins, voilà qui est insupportable. Sur les ondes, Tillinac a, en effet, réduit les nations qui ont l’insigne honneur de border la France, au rang de «banlieue». Et lorsqu’on sait en quelle estime les Français tiennent ces «lieux bannis», on mesure l’indignité qui frappe les Suisses, Belges, Espagnols, Italiens, Luxembourgeois et Allemands. Il ajoutait que, jeune encore, il aimait passer la frontière luxembourgeoise ou suisse et y rouler quelques centaines de mètres, pour le seul plaisir de revenir aussitôt au bercail.
C’est avec pareilles remarques que les étrangers amis de la France ont soudainement envie de dire pis que pendre de ce pays et de voir dans le moindre étron canin déposé sur un trottoir parisien une preuve de décadence. Réaction injuste et même infantile, certes. Mais humaine. Pour mettre en valeur ce que l’on aime, faut-il vraiment mépriser ce qui vous est étranger?

 


La France est un pays magnifique et Paris, une ville que l’on a dans la peau comme une maîtresse qui ne se fane jamais. Mais Denis Tillinac, emporté par un fol esprit aventurier, aurait dû rouler un peu plus loin après le poste frontière, mettons, d’Anières, par exemple. Il se serait alors rendu compte que la rade de Genève vue de la route de Vésenaz, ce n’est pas mal non plus.

 


Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris.

 

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11/02/2008

La torture est-elle efficace contre le terrorisme?

Quelle avalanche de commentaires à propos de la torture légalisée par Bush ! Respectant la liberté de chacun d’émettre son point de vue – même celui des courageux anonymes – je ne me permettrai pas de les juger. Néanmoins, certains demeurent persuadés que la torture est efficace lorsqu’il s’agit de déjouer les plans ourdis par des terroristes.

 

Certes, il peut y avoir, ici ou là, quelques projets déjoués grâce à la force brutale. Mais ils sont peu fréquents comme le démontre l’Histoire. Voici d’ailleurs ce que constate le philosophe et consultant en entreprises français Bernard Girard (nous recommandons son site: http://www.bernardgirard.com.):

Si l’efficacité de la torture est souvent affirmée, les preuves avancées sont inconsistantes.
On ne trouve dans toute la littérature que deux cas vraiment documentés et vérifiables: celui d’Abdul Hakim Murad qui a donné en 1995 aux services de renseignement philippins des informations sur des attentats en préparation et celui plus récent d’un preneur d’otage allemand qui a révélé aux policiers qui le menaçaient de torture l’endroit où il avait caché l’enfant qu’il avait kidnappé. On remarquera que dans ces deux cas ce ne sont pas des violences physiques qui ont fait céder les suppliciés, mais des menaces, celle d’être envoyé en Israël pour le premier, celle d’être brutalisé pour le second. Ce qui n’est pas du tout la même
chose. Les textes des militaires qui ont participé à la bataille d’Alger suggèrent, d’ailleurs, qu’ils ont beaucoup plus utilisé la torture pour créer un sentiment de terreur dans la population que comme un outil d’interrogation fiable des combattants du FLN.

Sur ce dernier point ajoutons que le recours à la torture par l’armée française n’a pas empêché la République de perdre l’Algérie. La France avait peut-être vaincu – provisoirement – par les armes mais le général de Gaulle avait eu la lucidité de dresser ce constat: sur le plan politique, la guerre était perdue. Et c’est finalement ce qui a compté. On peut même dire que le recours à la torture a accéléré la défaite politique de la France en Algérie, en démoralisant la population et en isolant Paris sur le plan diplomatique.
Ce qui est déterminant dans la lutte contre toutes les formes de criminalité, y compris le terrorisme, demeure le renseignement, l’ « intelligence » tant au sens français qu’anglo-saxon de ce terme.
Et n’oublions pas, si la fin justifie les moyens, les moyens peuvent pourrir la fin.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à paris

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08/02/2008

Bush: les pestilences d’un cadavre politique

Le cadavre politique de George W. Bush n’en finit pas d’exhaler ses pestilences et de pourrir le corpus des lois américaines. Après les prisons clandestines, les arrestations illégales et la monstruosité pénitentiaire d’Abou Graïb, Dobelyou a donc franchi un pas supplémentaire en légalisant la torture. Ah, pardon, le porte-parole de la Maison-Blanche, le dénommé Tony Fratto, ne veut pas qu’on emploie ce vilain mot! Il faut dire «waterboarding». Ce qui change tout. «Waterboarding», cela sonne comme un slogan du Club Med’et non comme une technique de la GestapoKGB. Il s’agit pour les GT (Gentils Tortionnaires) de tenir la tête d’un GS (Gentil Suspect) sous l’eau et de la ressortir juste avant qu’il ne défunte, afin qu’il dise où sont cachés ses GE (Gentils Explosifs).

 

Et quand cette pratique du supplice convivial sera-t-elle appliquée? L’inénarrable Fratto se gratte la tête et lâche: «Selon les circonstances». Voilà une précision digne du regretté Fernand Raynaud qui, imitant l’adjudant instructeur, répond «un certain temps» à la question «pendant combien de temps un canon refroidit-il?» Donc, pour l’instant, ce traitement serait réservé aux terroristes très très dangereux. Puis, comme l’humain prend vite le pli de l’ignoble, on l’appliquera aux terroristes très dangereux, puis simplement dangereux. Et pour finir à tous ceux qui pensent mal. La torture est un engrenage qui ne broie pas que les suspects mais qui pulvérise aussi la démocratie.

 

Le plus choquant dans cette légalisation reste le peu de vagues qu’elle a soulevées dans les médias. Certes, la plupart des journaux ont diffusé la nouvelle avec parfois des commentaires critiques, mais sans la mettre particulièrement en exergue. Comme si les médias s’étaient habitués à l’intolérable. Et puis, peut-être ont-ils senti qu’une partie de la population – en Amérique et ailleurs – approuvait plus ou moins ce blanc-seing donné à la torture d’Etat. «Après tout, si le coup de la baignoire pouvait éviter un 11-Septembre, pourquoi pas?» Chaque fois que déferle un raz-de-marée terroriste, cette opinion est aussitôt partagée par un grand nombre de citoyens, sous le coup de l’émotion. Une émotion qui fait oublier deux vérités qui n’ont jamais été démenties par l’Histoire.
Tout d’abord, la torture n’est pas un moyen efficace pour contrer le terrorisme. Sous l’effet du supplice, le suspect est amené à avouer n’importe quoi, des éléments véridiques mais surtout d’autres que lui a dictés son imagination exacerbée par la douleur.
En outre, la torture renforce la détermination du groupe déclaré «terroriste»   sous l’Occupation, les nazis appelaient «terroristes» les résistants français – et donne une légitimation supplémentaire à son action. Toutes les guerres l’ont démontré, l’emploi des supplices dégrade, puis démoralise le camp des tortionnaires, alors qu’il renforce la popularité et la cohésion de celui de leurs adversaires.

 

Dobelyou avait voulu faire de son combat contre le terrorisme, l’illustration de la supériorité de la démocratie sur les autres régimes. Désormais, cette idéologie est devenue synonyme de barbarie pour la plupart des peuples du Proche-Orient et Bush a introduit des notions totalitaires, comme la torture et les détentions arbitraires, dans le droit américain.
Jusqu’alors, les Etats-Unis se montraient particulièrement scrupuleux dans le respect des libertés personnelles, ce qui a expliqué, dans une bonne mesure, leur prospérité et leur prééminence. Aujourd’hui, on se demande si cette grande nation partage encore les mêmes valeurs que les nôtres.
Le successeur du plus pitoyable des présidents américains aura de nombreuses miches de pain sur la planche!

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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05/02/2008

Dieu, Sarkozy et nous (4): le Grand Orient ne veut pas perdre le Nord

 

L’Omniprésident et ses prises de positions en faveur d’une laïcité ouverte aux religions ont élevé d’un cran la polémique qui l’oppose aux défenseurs de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans ce camp, c’est traditionnellement l’obédience maçonnique du Grand Orient de France qui sert de boussole. Aujourd’hui, il veut empêcher la République de perdre le Nord en matière de laïcité. Aussi samedi dernier, le Grand Maître Jean-Michel Quillardet, invité par le Conseil général des Pyrénées-Orientales, a-t-il réagi aux récents propos sarkodivins:

«C'est la première fois dans l'histoire de la République qu'un chef d'Etat va aussi loin dans la manifestation d'une opinion personnelle, d'une conviction personnelle et dans une nouvelle formulation des rapports entre la religion et l'Etat».

Qu’un président de la République expose ses opinions philosophiques et religieuses, cela n’a rien de choquant. Après tout, il s’agit de traits essentiels de sa personnalité que ses électeurs ont le droit de connaître. Il vaut mieux un président qui énonce clairement ses sentiments religieux qu’un élu qui tente de les cacher. Au moins, ses administrés savent-ils à qui ils ont à faire. Dès lors, la position dudit Grand Maître paraît critiquable sur ce point. Il en irait autrement si Nicolas Sarkozy voulait imposer sa propre lecture religieuse à l’ensemble du pays. Mais de nos jours et sous nos latitudes une telle démarche relève, Dieu merci, de la mission impossible.

 

En revanche, le patron du Grand Orient de France a raison de sonner le tocsin dans la mesure où le maître de l’Elysée veut réformer la loi de 1905 qui sépare l’Etat des religions. Or, la pratique sarkozienne est, en la matière, aventureuse et périlleuse. En créant de toutes pièces, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, le Conseil français du culte musulman, en lui imposant son président (le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur), Nicolas Sarkozy a gravement violé les principes de la laïcité qui interdit à l’Etat de reconnaître un culte. En l’occurrence, l’Etat n’a pas seulement reconnu un culte, il l’a organisé!
«Mais c’était pour la bonne cause!» plaident les sarkozystes. «Il s’agissait d’empêcher les imams incendiaires de répandre leurs propos islamoterroristes dans les caves et entrepôts qui servent de mosquées sauvages». Tout d’abord, les pyromanes du Coran demeurent à pied d’œuvre. A ce propos, une visite dans les cités de la banlieue parisienne convaincra les sceptiques. Ensuite, cette démarche a provoqué de la rancœur chez les musulmans qui se sont vus instrumentalisés par le pouvoir politique. Enfin, en sortant de sa neutralité confessionnelle, l’Etat s’est mis en positions de déséquilibre par rapport aux autres religions.
 Ainsi, les nouvelles églises évangéliques ne manquent-elles pas de souligner la différence de traitement entre elles et les communautés islamiques. Or, les évangéliques connaissent une progression considérable de leurs fidèles dans les mêmes quartiers défavorisés que ceux abritant une importante population musulmane. Cela peut provoquer des sujets majeurs de tensions.

 


La laïcité repose sur un concept de base: l’Etat ne reconnaissant aucune religion, il les respecte toutes de manière égale. Cela dit, les sociétés évoluent. Et la laïcité doit en faire de même, au risque que les aléas de l’Histoire ne la brisent par trop de rigidité. Et comment l’adapter aux réalités actuelles, sans en trahir les principes ? Affaire à suivre

 


Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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01/02/2008

Les bons plans du plouc: tous à Grenoble!

Le saviez-vous? Il n’y a pas que Paris dans la vie en général et dans l’Hexagone en particulier. Il y a aussi Grenoble, à quelques tours de roues de Genève et Lausanne. Alors ce week-end, au lieu de descendre bêtement des pistes en fausse neige au milieu d’un troupeau de Gonozos qui ont appris à skier par correspondance, prenez plutôt le chemin du chef-lieu de l’Isère pour y admirer une exposition de peinture, ARTENIM, sise au Saem Alpexpo, 2, avenue d’Innsbrück (suivre rocade sud, puis prendre la sortie numéro 6 «Alpexpo», parking visiteurs gratuit).

 

Vous pourrez y contempler les œuvres d’artistes présentés par la galerie parisienne Valeurs d’Art. Malheureusement, le Plouc, avec ses gros doigts, est fort malhabile dans la manipulation de photos sur Internet. Il n’a donc pu copier qu’une seule illustration de cette exposition et encore, elle ne rend qu’un hommage très très très (pour causer comme Sarko) pâle à ce tableau de Philippe Rillon. Les œuvres de ce peintre sont regroupées sous l’intitulé global d’«Architextures» qui définit parfaitement sa démarche. Travaillées avec des couches épaisses et différents matériaux (trames de chiffons, par exemple), elles sont à la fois charpentées, oniriques et sensuelles. Elles s’adressent autant au toucher qu’au regard et appellent la caresse comme elles provoquent l’effroi devant ces rêves qui prennent une consistance diablement matérielle.

 

Ne manquez pas les œuvres de K. Vasili qui, débarrassées de tout superflu, atteignent l’essentiel. Un essentiel qui a dépassé la question «Dieu existe-t-il?». Il s’agit non pas d’un art mystique mais d’un art au-delà du mysticisme en ce sens qu’il a renoncé à toute pose bondieusarde. Avec Philippe Rillon, on songe. Avec K. Vasili, on prie. Ou plutôt, on fait action de grâce à la vie. Une vie simple, mais jamais tranquille.

 

Avec Xavier Bertheau, l’âme prend corps. Ses lignes suivent la courbe d’une rivière qui coule entre les terres du désir clandestin. Seins, bras, abdomen, cuisses sont perçus comme des reflets sur un étang frissonnant. Bertheau invite à s’y noyer afin de réintégrer le Ventre Premier.

 

Site d'ARTENIM: http://www.artenimgrenoble.com

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

LE PLOUC CAUSE DANS LE MICRO!

Dimanche 3 février sur France-Info à 15 h. 45, avec reprise à 19 h. 45 puis à 23 h. 15, le Plouc, soit Jean-Noël Cuénod, évoque l'affaire de la Société Générale avec son confrère du Financial Times, Ben Hall, sous l'experte direction et animation de Marie-Christine Vallet.

 

 

 

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