29/02/2008

Dieu, Sarkozy et nous (6): l’esprit monarchique sous les masques de la République

Certes, nul séant dynastique ne se posera sur le trône de France. Néanmoins, l’esprit monarchique peut grimacer sous les masques de la République.

En instaurant une démocratie centrée sur un homme, de Gaulle a redonné une teinte monarchique à la France. A titres divers, les présidents français, du Général à Jacques Chirac, ont plus ou moins avivé cette teinte en fonction de leur tempérament. Mais avec Nicolas le Frénétique, cette personnalisation est poussée à son paroxysme. Dès lors, le terme de «monarchie élective» utilisé par Laurent Joffrin, directeur de «Libération» caractérise fort bien la situation actuelle créée par un personnage qui fait tourner autour de lui tous les acteurs sociaux, politiques, économiques, médiatiques et juridiques.
Dès lors, la volonté de Sarkozy de redéfinir la société française pour qu’elle puisse enfin s’insérer dans la globalisation, devient un acte avant tout personnel. Dans son optique, c’est à lui qu’il revient de tirer la France vers ce but. Mais pour ce faire, il a besoin d’alliés et de forces idéologiques d’accompagnement.

 

Or, justement, les grandes idéologies sont mortes ou moribondes. Le communisme repose désormais dans son mausolée. C’était l’un des rares systèmes politiques à proposer à ses fidèles une transcendance, l’avènement du communisme – société où les antagonismes ont trouvé leur résolution dans le dépassement de l’Histoire - remplaçant l’avènement du Messie. Les autres idéologies ont mauvaise mine. La social-démocratie ne sait plus où elle habite. Quant au libéralisme, il est rejeté par une grande partie des Français. De toute façon, contrairement au communisme, elles ne se situent pas dans la transcendance et se contentent de gérer le réel. Elles ne cherchent pas à produire du sens.

 


Dans sa recherche de forces idéologiques d’accompagnement, Nicolas Sarkozy doit donc se retourner vers les rares institutions productrices de sens: les confessions. D’où ses discours répétés sur leur importance et sa volonté d’en faire ses interlocuteurs privilégiés.
A l’autocratisme de la démarche sarkozienne s’ajoute donc le dessein de replacer les institutions confessionnelles dans les mécanismes du pouvoir. Voilà autant de signes prouvant que la République se monarchise de façon encore plus affirmée que durant les précédentes présidences. Il était inévitable que cette tendance réveille les esprits républicains et fasse sortir de ses gonds le Grand Orient de France, gardien des valeurs laïques qui les irriguent.

 


Comment Nicolas Sarkozy va-t-il s’y prendre pour insérer les confessions dans son jeu? Nous le verrons lors de notre prochain blogue. Il y sera question de l’importance capitale de… la lettre «r».

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

22:54 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il ne faut pas oublier que le président Sarkozy a été élu avec une forte majorité et qu'il est plus que transparent. Il n'a pas la tâche facile lorsque l'on sait que 49 % des français ne veulent que des avantages sans concessions Bravo Nicolas. François M se prenait pour Dieu!! Alors qu'il conduisait plus à droite que son prédecesseur le diamantaire
Valéry G destin. Fini enfin les ENARC

Écrit par : jean-michel sancey | 01/03/2008

Les commentaires sont fermés.