26/12/2007

Le Magic Sarko-Circus lance sa grande parade de Noël

 

Pas de trêve des confiseurs pour le Magic Sarko-Circus! Au contraire, à Noël le chapiteau Elyséen chauffe à plein régime: les numéros se succèdent à un rythme effréné.

La méthode Sarkozy consiste à frapper tel cœur de cible médiatique, puis de faire oublier les inévitables effets négatifs de cette opération en menant un nouveau spectacle radicalement différent du premier.

Après la tente parisienne de l’insurpassable clown sanguinaire libyen et ses caprices de despote oriental, le Magic Sarko-Circus devait remonter la pente subito. C’est alors que les magazines sur papier glacé et propos gluants ont été invités à photographier l’Omniprésident à Disneyland en compagnie de sa nouvelle conquête féminine, la chanteuse et ci-devant mannequin Carla Bruni. Sarkozy prend ainsi place dans la longue liste des prestigieux amants de la belle. Et hop, voilà Kadhafi relégué aux oubliettes par les jambes interminables de la beauté italienne! Mission accomplie.

Voyons maintenant les effets négatifs de l’opération. Parmi les électeurs- spectateurs du Magic Sarko-Circus, figurent moult grenouilles de bénitier. Qu’un président deux fois divorcé s’exhibe ainsi avec une créature issue – circonstance très aggravante - de la gauche caviar, que dis-je, de la gauche osciètre, voilà qui fait coasser dans les sacristies. Surtout, à deux doigts de Noël. Vite, vite, changeons de décors!

Et pour contenter les batraciens ecclésiastiques, coâ, euh, quoi de mieux qu’une visite à Sa Sainteté? Pour la circonstance, Carla a été casée «a casa». Sa maman, nettement plus vaticano-compatible, a néanmoins fait partie de la suite présidentielle. Au cours de ce voyage au pays de Benoît XVI, l’Omniprésident a été sacré par le pape Chanoine honoraire de la basilique de Saint-Jean de Latran. Ce titre est attribué systématiquement au chef de l’Etat français. Mais les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy avaient le bon goût laïque soit de décliner poliment l’offre, soit de l’accepter discrètement.

De la discrétion? Vous n’y pensez pas? Par ici les caméras! Venez illustrer la gloire du chanoine honoraire! Et pour faire bonne mesure, le nouveau prélat remet une couche épaisse de bigoterie devant le Saint-Père qui n’en revient pas de cette divine surprise. Bien entendu, l’opposition fustige aussitôt cette grave entorse à la laïcité républicaine. Mais plus elle clabaude, plus les grenouilles de bénitiers font corps avec celui qui est redevenu leur président.

Après le goupillon, le sabre doit suivre. Le Magic Sarko-Circus effectue donc un voyage-éclair en Afghanistan afin de montrer un chef des Armées soucieux de sécurité mondiale et du bien-être de ses troupes en mission. Autre avantage: après l’escapade amoureuse au pays des petits Mickey et les génuflexions devant les soutanes, il fallait viriliser l’image du maître de l’Elysée.

Retour à la compassion durant la journée de Noël. Les sans-abri étant dévolus à la ministre Christine Boutin – qui doit se refaire une santé médiatique après les mésaventures locatives de son ex-bras droit – Nicolas Sarkozy s’est donc rabattu sur les hôpitaux pour enfants malades. Larme à l’œil garantie.

Mais le malheur ne doit pas persister dans la rétine des télécitoyens. Des vacances de luxe s’imposent pour se rappeler au bon souvenir des pipoles qui votent et font voter. C’est donc dans le Falcon 900X du milliardaire Vincent Bolloré que l’Omniprésident embarque sa Carla pour gagner Louxor. La droite Rolex est ainsi rassurée. Sarkozy veut toujours rendre aux riches leur honneur perdu par des décennies de mitterando-chiraquisme.

Bonne année à tous et à la prochaine tournée du Magic Sarko-Circus!

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris.

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18/12/2007

Aragon, le poète des banlieues en flammes

 

Après les deux jours d’émeute à Villiers-le-Bel, le Plouc est tombé sur ce poème d’Aragon tiré du «Fou d’Elsa» et se dit que, vraiment, il n’y a rien de nouveau sous le gris soleil parisien. Ce «Chant des Vauriens» a été écrit au début des années soixante. Déjà, les «blousons noirs» semaient la violence aux portes de Paris. Comme avant eux les «Apaches» de 1900. Et les tire laines de la médiévale Cour des Miracles. Le «grand malaise des banlieues» n’a pas été inventé au XXIe siècle!

Voici des extraits de ce poème, éternellement actuel.

 

(…)

Sans or que pris sans droit que d’être
Bagarreurs des quartiers éteints
Qui sentez le sang du prochain

 

Poulains d’enfer ô frénétiques

 

Qu’importent les murs et les hommes
Ce sont des verres renversés
Le plaisir est dans les fossés

 

A quitte ou double ô loups de terre

 

Violeurs des lois et des femmes
Ivre de vivre à pas vingt ans
Vous que l’on prend avant le temps

 

Chenapans ô célibataires

 

Blasphémez quand vos dents sont blanches
Jetez votre âme à vos pieds nus
Battez-vous premier qu’on vous tue

 

Comme gibier au coin des rues

 

Etouffez dans vos bras les ombres
Criez Dieu est mort et faux l’amour
Brisez comme paille les jours

 

Enfants nés pour la fin du monde.

 

Louis Aragon – Le Chant des Vauriens

 

Les poètes comprennent le monde qui ne les comprend pas.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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13/12/2007

Les découvertes du Plouc: Akira Kasaï, la danse en Seine

 

Au bord de la Seine, le Plouc a été envoûté par le danseur nippon Akira Kasai. Il vient de présenter un spectacle à la Maison de la Culture du Japon, qui dresse ses parois de verre au bord du fleuve parisien. Malgré ses 65 ans, Kasai déploie une énergie juvénile stupéfiante. Quel traité a-t-il donc signé avec le Démon? Son nom est indissolublement lié au butô et aux chorégraphes Kazuo Ohno et Tatsumi Hijikata, fondateurs de ce mouvement contemporain de la danse japonaise. Akira Kasai est un peu au butô ce que Nijinski fut aux ballets russes.

Trop superficiellement, ce prodigieux metteur en geste est qualifié d’androgyne en regard de son aspect physique. En fait, il est – tour à tour et à la fois – homme et femme, homme ou femme, puis dépasse ces oppositions pour parvenir à exprimer un être humain total qui aurait ainsi réuni en lui l’unicité du yin et du yang, des forces de coagulation et de dilution.

 En d’autres termes, il figure la terre qui s’unit à l’eau pour parvenir au ciel. Comme la pluie qui s’évade du sol pour devenir nuage et retourne à la terre dans un éternel mouvement d’échange.

Akira Kasaï raconte avec son corps le destin humain inscrit dans la nature et l’impermanence de ce monde, conformément à la tradition bouddhique. A un moment de son interprétation, il dénude en partie son corps d’une maigreur ascétique. Et c’est dans cette nudité squelettique qu’il mène le combat contre l’angoisse de la mort avant d’accepter l’inéluctable. Puis, revêtu de nouveaux habits, il réapparaît plus jeune que jamais dans une danse énergique. Akira Kasaï n’est pas seulement un danseur, il est aussi le prêtre d’un culte voué à l’éphémère éternel.

Malheureusement, ce spectacle n’a duré que deux soirées. Cela dit, la Maison de la Culture du Japon à Paris vaut le déplacement en raison de sa belle scène et des spectacles qui, régulièrement, s’y créent.

 

Adresse: Maison de la Culture du Japon, 101bis quai Branly, 75 015 Paris. Métros: Dupleix ou Passy (la station Bir-Akheim est en rénovation). RER: Champ de Mars. Site Internet: wwww.mcjp.asso.fr. Réservation: 00 33 1 44 37 95 95

 

Ø      En outre, le mouvement artistique «La Peau de l’Ours» a de nouveau frappé. Il organise un véritable marathon: «Les 10 heures de la poésie» samedi 15 décembre à la galerie Valeurs d’Art, 11, 13 rue Henri Michaux, 75 013 Paris (derrière la place d’Italie, métro Tolbiac) à l’occasion de sa désormais traditionnelle exposition de fin d’année «Artistes en fêtes». Bien entendu, les spectateurs sont libres d’aller et de venir. On ne va pas vous enfermer pendant dix heures. Même si pour la poésie une telle claustration est légitime. Vous restez bien devant TF1 pendant un temps quasi égal!
http://www.valeursdart.com
http://lapeaudelours.free.fr

 

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

 

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11/12/2007

La tyrannie des cages d’escalier

 

Lors du blogue précédent, le Plouc évoquait le tous-ménages effectué par la police à Villiers-le-Bel pour inciter, contre rémunération, la population à dénoncer les émeutiers qui ont tiré sur les forces de l’ordre. Eh bien, ça marche! Les policiers ont reçu plus d’une centaine de renseignements, dont une bonne partie sera exploitée dans l’enquête. Le plus curieux, du moins à première vue: la quasi-totalité de ces dénonciateurs n’ont pas demandé leurs primes comme ils en avaient le droit. En fait, ces témoins avaient peur de perdre leur anonymat en réclamant leur dû.

On peut tirer deux leçons, au moins, de cette attitude. D’une part, la population des quartiers devient tellement excédée par la dictature que font peser sur eux les «lascars» qu’ils n’hésitent plus à les balancer aux autorités. Alors même que la police demeure toujours aussi impopulaire, même auprès des habitants les plus âgés. Mais d’autre part, le refus de toucher ces primes alléchantes – malgré la maigreur des revenus – illustre bien la peur que font régner les apprentis-gangsters. Alors, oui, les émeutes ont une cause sociale, contrairement à ce que prétendent les déclarations sarkoziennes. Mais avant d’engager la renaissance civique de ces quartiers, il faudra éradiquer cette tyrannie des cages d’escalier. Avec elle, rien de stable ne peut être construit. L’argent réservé à la rénovation et la socialisation de ces quartiers subira le sort de l’eau versée sur du sable brûlant. Aujourd’hui, c’est le temps de la répression pénale. Identifier les petits «parrains» des mafias adolescentes. Les arrêter.

Mais qu’en faire, après? La prison, c’est un peu leur ENA à eux. Ils en sortent plus aguerris et nimbés d’une gloire sulfureuse. Elle reste le passage obligé pour gagner du galon dans les bandes. Les alternatives à la prison - travaux d’intérêt général, bracelets électroniques – concernent les «lascars» les moins englués dans la délinquance, ceux qui peuvent comprendre la portée d’une telle sanction. Cependant, elles ne constituent pas une réponse à la gravité des crimes commis par les chefs de bande, ceux qui tiennent les quartiers. Ni le pouvoir politique, ni les médias n’ont trouvé de solutions. Lors de la dernière campagne présidentielle française, la candidate socialiste Ségolène Royal avait émis l’idée d’encadrer ces jeunes dans des formations disciplinaires sous le contrôle de l’armée. Elle a dû aussitôt effacer cette idée pourtant intéressante, ses amis politiques l’ayant qualifiée de «réactionnaire».

Toutefois, devant ce tissu humain qui se défait, ces huées qui se soulèvent lorsque l’équipe de France joue à domicile contre une équipe maghrébine, ce sentiment de ne posséder qu’une vie réduite au quartier, l’armée aurait pu créer ce grand brassage à la fois régional et social qui aide à l’intégration. Et l’on se dit qu’en supprimant le service militaire obligatoire, le ci-devant président Chirac s’est taillé un très éphémère succès dans les sondages mais n’a pas forcément rendu… service à sa nation.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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07/12/2007

Villiers-le-Bel: du fric contre l’omerta

 

Du fric contre l’omerta. La police française a distribué dans toutes les boîtes aux lettres de Villiers-le-Bel un tract appelant à dénoncer, contre rémunération, les voyous qui ont tiré sur les policiers lors des dernières émeutes de cette cité du Val d’Oise, sise à une vingtaine de kilomètres de Paris. Grosse émotion dans les médias. Payer les délateurs, voilà qui relèverait de l’immonde et de l’ignoble.

On se calme. Tout d’abord, ce n’est pas la première fois qu’un appel de ce genre est lancé en France. La police avait procédé ainsi pour retrouver les «lascars» qui avaient bouté le feu à Marseille au bus 32, provoquant de terribles brûlures à une jeune passagère. Et c’est grâce à cet «appel à témoin récompensé» que les auteurs de cette agression ont pu être arrêtés.

Faut-il condamner cette pratique pour des raisons morales? Mais en quoi rechercher des agresseurs lorsqu’on est policier est-il immoral? C’est bien ce que la société exige de lui, non? Alors, certes, la fin ne justifie pas les moyens. Le recours à la torture ou au tabassage est un moyen inacceptable qui dégrade la fin qu’il poursuit. Et l’on ne saurait soutenir que promettre des sous pour inviter un quidam à dénoncer des apprentis tueurs est d’une incontestable élégance éthique. Mais cela reste un moyen acceptable qui n’altère pas la fin. A un suspect battu pour qu’il passe aux aveux, préférons un témoin rémunéré.

Les risques existent, bien sûr: fausses dénonciations pour se débarrasser d’un gêneur tout en ramassant des billets, accusations fantaisistes qui parasitent les enquêteurs. Mais lorsque règne une omerta aussi épaisse que dans certains quartiers de Villiers-le-Bel, il n’y a pas trente-six méthodes pour ramasser des renseignements. Dans la masse des tuyaux crevés, il s’en trouvera bien un ou deux qui conduiront à des suspects.

 

Cela dit, ces «appels à témoin récompensé» démontrent à quel point la police ignore tout de ces bandes et reste impuissante à les infiltrer. Une fois de plus, il apparaît que le président Nicolas Sarkozy, à l’époque où il dirigeait le Ministère de l’intérieur, aurait dû éviter de passer au Kärcher la police de proximité!

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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05/12/2007

Les découvertes du Plouc: ours artistes ou artistes ours

 

Vous a-t-on assez bourré les oreilles avec ce proverbe: «Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué». Mais c’est tous les jours qu’on met sur le marché ces peaux-là avant que les plantigrades ne soient occis! En langage financier, on appelle ça «vente d’actions à terme». A ce jeu-là, on peut transformer la peau de l’ours en fourrure de vison. Ou alors se retrouver à poils.

Aujourd’hui, le Plouc ne va pas vendre mais louer, «La Peau de l’Ours». Rien à voir avec la bête noire des bergers pyrénéens. Il s’agit du nom que s’est donné en France un mouvement d’artistes professionnels qui comprend de nombreux talents reconnus des cercles initiés mais que le grand public ignore le plus souvent, les médias ayant perdu toute curiosité en matière artistique. Et pas seulement qu’en matière artistique, mais c’est une autre histoire…

Plusieurs participants du mouvement «La Peau de l’Ours» exposent jusqu’au 22 décembre dans le treizième arrondissement à Paris, juste derrière la place d’Italie (métro Tolbiac) à la galerie «Valeurs d’Art» qui appartient à Gérard Payen. Son adresse est, en soi, tout un programme puisqu’elle niche au 11 de la rue Henri Michaux!

Vous y contemplerez des tableaux et de sculptures de Théa Bernard, Xavier Bertheau, Odile Frachet, Pascal Hemery, K. Vasili, Pierre Guerchet-Jeannin, Anne-marie Guerchet-Jannin, Frédéric Marquis, Dina Pickard, Anne Pourny, Philippe Rillon, Raurich.

Pour vous former une petite – ou grande – idée sur leurs œuvres, il suffit de surfer sur les sites internet de la galerie et de «La Peau de l’Ours», dont voici les adresses:

http://www.valeursdart.com

http://lapeaudelours.free.fr

Sur ce dernier site, vous découvrirez le manifeste du mouvement. Son but: revivifier la notion d’art qui est embrumée par la société médiatique, en rejetant les modes du «non-art» et des «non-œuvres». Mais «La Peau de L’Ours» refuse aussi de se transformer en défenderesse du retour à la tradition classique et figée qui ferait de l’art, non pas une force vivante mais un cadavre empaillé.

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris

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03/12/2007

Comprendre et excuser: la grande confusion

Les émeutes de Villiers-le-Bel se sont donc éteintes. Mais que se passera-t-il lorsque les 1000 policiers quitteront cette cité et ses voisines? En tout cas, les commentaires, eux, poursuivent leurs feux de bouche. Une grande partie d’entre eux se résume ainsi: «ceux qui cherchent à savoir ce qui s’est passé excusent les actes barbares des émeutiers et font de l’angélisme.»

Cette réaction est typique de la confusion mentale qui sévit actuellement. Ce que nous avons vu à Villiers-le-Bel demeure inacceptable et inexcusable à tous points de vue: tirs à balle sur les policiers, lynchage d’un commissaire qui a échappé à la mort par miracle, tabassage de journalistes, pillages de magasins bien ciblés (ceux des amis sont épargnés), incendies de bâtiments publics.

Alors, oui, ça fait du bien de s’indigner un bon coup devant ces porteurs de capuchons qui roupillent la journée pour mieux, le soir venu, mettre leurs propres équipements à feu et à sang, dans une sorte de grand sabbat autodestructeur.

Mais s’arrêter à cette légitime indignation ne fait que perpétuer l’aveuglement devant des réalités gênantes. Pourquoi ces émeutes se déroulent-elles toujours dans les mêmes lieux? Comment les parents de ces «lascars» se sont-ils laissé déborder? Pourquoi les milliards promis lors des émeutes de 2005 n’ont pas amélioré la situation des banlieues? Pourquoi le fait de vivre à Sarcelles ou à Gonesse ou à Villiers-le-Bel constitue un facteur de rejet à l’embauche? Pourquoi la police est-elle si détestée – même par des citoyens âgés et peu portés à la violence – dans les quartiers dits «sensibles»?

On ne saurait répondre par des clichés mais par une réflexion. Et pour que cette réflexion s’engage, il est nécessaire de ne pas se complaire dans les plis confortables de l’indignation. Le mot même de «réflexion» devient incongru dans la société médiatique qui dicte sa dictature de l’émotion par l’emploi surabondant d’images-choc. Réfléchir, c’est d’une certaine manière résister. Au flux télévisuel, mais aussi à la barbarie. A toutes les barbaries.

 

Jean-Noël Cuénod, correspondant à Paris.

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