16/11/2007

Le plouc se les gèle à l'Elysée

Mission pour le plouc: il doit se rendre à l'Elysée afin d'assister à la rencontre entre Sarkozy et notre Micheline Calmy-Rey fédérale. En temps ordinaires, du XIIIe arrondissement au palais présidentiel, le trajet est aussi aisé que de joindre Carouge à la Place des Nations. Ou Renens à l'EPFL (vous choisissez la formule qui vous convient). Mais en temps grévistes, tout change. En premier lieu, vous devez consulter le site internet de la RATP (les TL ou les TPG du coin) pour connaître les lignes de métro qui circulent un peu et celles qui ne roulent plus du tout. Bien entendu, les métros de votre quartier appartiennent à la deuxième catégorie. En fonction de ces paramètres, vous choisissez ensuite votre parcours en essayant d'additionner les lignes qui fonctionnent et concevez le meilleur itinéraire pédestre pour parvenir à plus ou moins bon port.

Une heure et demi plus tard, le plouc parvient au Saint des Saints de la République française, une et indivisible (ça reste à voir...): la Cour d'honneur de l'Elysée. Il y sévit un froid glacial.  Une vingtaine de journalistes, de perchistes et d' hommes-caméra, engoncés dans des doudounes attendent la présidente. En face, une compagnie de Gardes républicains - uniformes d'hiver noirs et bleus, képis Second Empire rouge et blanc (seuls les sous-offs ont droit aux trois couleurs) - prend la position "au repos". Le capitaine, moustaches à la Guillaume II au vent, se tient devant eux sabre au clair. L'esthétique militaire de la Monarchie Républicaine, c'est quand même quelque chose! Le plouc en est  tout ebaubi.

"Gaaarde à vous!" Du haut du perron, un gradé avec plein de tagliatelles sur son képi hurle l'ordre. Exécuté aussitôt. La présidente de la Conféderation quitte la Mercédès pour passer en revue la compagnie. Ensemble-pantalon noir. Très sobre. Malgré le froid, sa silhouette longiligne défile d'un pas majestueux devant les Gardes. Belle allure. Sur les marches du perron, neuf cuirassiers - portant un casque façon opérette d'Offenbach muni d'une longue queue de cheval - ont tiré le sabre pour rendre les honneurs. Et c'est alors que l'Omniprésident Sarkozy - superbe complet gris avec chemise saumon pâle de l'Atlantique - descend vigoureusement les marches, congratule la conseillère fédérale, l'attire vers les caméras, prend soin de monter une marche afin de ne pas paraître plus petit qu'elle sur les photos et l'emmène à l'intérieur du palais.

Les journalistes, eux, attendent dans le froid ou se réchauffent dans une sorte d'étroit cagibi nommé abusivement "salle de presse". Une modestie destinée sans doute à ramener à sa place la gent journalistique. Les médias, on s'en sert. Mais on ne va pas les servir, hein? Une heure après, le ballet inverse se met en place. Le président dégringole les marches avec la présidente. Re-sourires devant les caméras. Poignées de mains savamment chaleureuse. Et hop, Micheline Calmy-Rey s'embarque dans la Mercédès après avoir discuter "vacances" avec Bernard Kouchner.

Le plouc, lui, est fasciné par les escarpins présidentiels. Fines chaussures noires, presque féminines, miroitantes comme le Palais des Glaces à Versailles. Avez-vous remarqué la dilection particulière des politiciens français pour les beaux escarpins? Les pompes Berlutti de l'ancien ministre Roland Dumas - valant un salaire minimum par godasse - ne figurent-elles pas désormais dans l'Histoire de France? Toujours terre-à-terre, le plouc se dit que ces élégants écrase-bouse ne sont pas faits pour affronter une grève des métros!

Jean-Noël Cuénod

 

09:56 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

Cessez de vous auto-proclamer plouc. Vous êtes juste qqn qui aimerait bien avoir l'air mais qui n'a pas l'air du tout...

Écrit par : Géo | 16/11/2007

Géo,
bête et méchant, donc inutile et à coté de la plaque :
en fait, vous avez vraiment l'air d'un plouc, là...

Écrit par : jcgp | 18/11/2007

Je t´envie et tes aventures à Paris me font penser à mes années d´exile. Je vois par tes écrits que beaucoup de choses ont changé, mais l´aura de Paris est toujous là Envie de prendre un TGV ou ma voiture pour un café dans le Vème, regardant la foule que passe.
Salutations, bernoises, Rui.

Écrit par : Martins | 14/12/2007

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