26/05/2015

Après "L’Arche de Noé", il faut interdire le "Cé qu’è lainô" !

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 Ainsi, à en croire les médias romands (cf. les liens à la fin du texte), le Département de l’Instruction publique de Piogre-sur-Rhône ­– ce DIP qui fait plouf – a coulé L’Arche de Noé. Du moins, celui de Benjamin Britten, l’ouvrage construit par le patriarche du Premier Testament se trouvant, Dieu merci, hors de portée des ukases diptyques. (Photo: une scène de L’Arche de Noé jouée par des écoliers en France).

Le directeur de l’Orchestre de Chambre de Genève avait pour projet de faire participer les écoliers genevois de cinq à sept ans, à L’Arche de Noé de Benjamin Britten. Mais le Département de l'instruction public y a mis son véto. Motif : ces enfants auraient chanté des paroles trop connotées sur le plan religieux. Selon 20 Minutes,  la Direction de l’enseignement obligatoire aurait estimé que ce projet serait contraire à l’article 3 de la nouvelle Constitution genevoise et même à l’article 15, alinéa 4 de la Constitution fédérale.

 

Que dit l’article 3 ?

 

1 L’Etat est laïque. Il observe une neutralité religieuse.

2 Il ne salarie ni ne subventionne aucune activité cultuelle.

3 Les autorités entretiennent des relations avec les communautés religieuses.

 

En quoi, L’Arche de Noé , œuvre vocale d’un compositeur laïque, serait-il une « activité cultuelle » ? « Activité culturelle », certes, mais en aucun cas « cultuelle ». Pourtant, le DIP ne manque pas d’R !

 

Quant à l’article 15, alinéa 4, le voici :

 

Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir,

d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.

 

Ainsi, lorsque des élèves chantent, dans un contexte purement musical, « L’Arche de Noé » de Benjamin Britten, ils adhèrent à une religion, accomplissent un acte de dévotion ou suivent un enseignement religieux… C’est magique : vous émettez une note de l’Ave Maria de Gounod, et hop, vous êtes baptisé catholique ; vous sifflotez un air de la Flûte enchantée et clac, vous êtes initié franc-Maçon ; vous chantonnez L’Internationale et, tchac, vous voilà propulsé communiste.

 

Allons plus loin : il faut interdire immédiatement le Cé qu’è lainô. Chaque année à l’Escalade, les petits Genevois s’égosillent à rendre hommage « à celui qui est haut », ce « maître des batailles » institué « patron des Genevois » et terminent en entonnant « Amen, amen, ainsi soit-y ». Ce scandale n’a que trop duré !

Et ces clefs de Saint-Pierre sur le drapeau genevois, c’est quoi cette serrurerie bondieusarde ? Allez hop à la poubelle !

 

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Lorsque les élèves visiteront le Musée d’Art et d’Histoire, vite mettons une burqa à La crucifixion de Karel Dujardin, afin que leurs yeux chastes ne soient point troublés par cette propagande. Si le prof de chant se met à leur faire chanter, le « Cantique suisse », qu’il soit brûlé comme Michel Servet !

Arrachons des manuels scolaires toutes les reproductions d’œuvres picturales mettant en scène des saints ou des prophètes, bannissons-en toutes les références musicales se rapportant aux œuvres de Bach ou au Requiem de Mozart et autres chansons à croire.

 

Dans ce fatras dipomaniaque, l’essentiel est oublié: la laïcité. En la défigurant par des mesures ubuesques, on offre à ses adversaires les verges pour la fouetter. Quel beau cadeau à eux offert! 

 

Alors, il convient de rappeler que la laïcité, sous ses formes les plus diverses, comprend  au moins deux éléments de base indissociables : d’une part, la séparation entre l’Etat et les institutions religieuses ; d’autre part, la liberté de conscience. Si l’un des deux manque, il n’y a pas de laïcité.

Mais en aucun cas, elle a pour objectif de rejeter ce qui fait notre histoire et notre culture. L’une et l’autre sont issues de la civilisation judéo-chrétienne, c’est un fait. S’en abstraire, nous condamnerait à ne plus comprendre d’où nous venons, ni dans quel monde nous vivons.

 

Il n’est pire adversaire de la laïcité que ceux qui la travestissent.

 

Jean-Noël Cuénod

 

Liens annonçant la décision du DIP :

 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/dip-coule-arche-n...

 

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Au-nom-de-la-la-...

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25/05/2015

L’HEURE DU LORIOT

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 Photo Jules Fouarge

L’heure du loriot va tomber du ciel

L’éclair de son vibrera dans les frondaisons

Le cosmos tiendra en une seule note

L’étang absorbera passé présent futur

 

Nous disparaîtrons tous pour nous reconstruire

Notre temple à chair et à sang est détruit

Dans le feu nous chercherons peaux et oripeaux

Nos yeux liquéfiés nous rendront la vue

 

Au fond du cœur nous trouverons de quoi aimer

Comme un pauvre tombant sur un quignon de pain

Oublié dans les replis d’un sac de hasard

Nous laisserons le lierre étouffer nos ruines

 

La mort a du bon quand la vie est en jeu

Dans ce monde veule et sec nous avions soif

Le christ en nous refleurira vin fraternel

L’herbe repoussera sur nos lèvres gercées

 

Nous serons le vent chaud caressant les épaules

La pluie tiède fécondant les labours

Et la flamme glacée protégeant les semences

Nous serons l’or fondu dans la moelle du temps

 

De nos ruines s’élèveront des palais

Où tous les oiseaux blessés trouveront refuge

Pour y recomposer le chant de l’univers

L’heure du loriot va monter au ciel

 

Jean-Noël Cuénod 

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22/05/2015

La soif de fraternité et les sources empoisonnées

 

 illustration_fraternite.pngNous avons l’âme sèche comme le gosier d’un égaré au Sahara. Dans ce monde qui change toujours trop vite, mû par l’indomptable puissance de la cupidité sans frontière, le voisin devient une gêne, le collègue, un rival, l’étranger, un ennemi, l’autre, un suspect. Un monde où règne la trouille paranoïaque avec, pour changer les idées noires, un flot coloré d’images qui se meuvent parmi des ondes de bruit. Chacun dans sa bulle et Dieu pour personne. La main tendue cache une main tordue. Le sourire spontané dissimule un calcul commercial. L’amitié devient un moyen de faire réseau. On ne sait jamais, ça peut servir.

 Et l’âme continue à s’assécher. Oui, nous avons soif de fraternité. Mais ce qu’elle nous fait honte, cette soif ! Vous dites, «fraternité». On vous réplique, «angélisme», «bisounours», «gnangnan» et, pour les plus vieux, «cucul-la-praline». Autant d’arguments massues qui brisent menu ce vocable risible ou plutôt ricanable.

 Pourtant, cette aspiration à trouver des sœurs ou des frères n’est pas éradiquée pour autant. Chacun la cachera du mieux qu’il le peut, sans pouvoir l’étouffer tout à fait. Il lui reste un petit filet d’air.

Que voulez-vous, l’humain, c’est un truc bien compliqué. D’une part, il doit affirmer son individualité au sein de la horde afin de ne pas être écrasé par elle, ce qui ne va pas sans bagarres, ruses, coups tordus, poignards dans le ventre ou le dos. D’autre part, s’il reste seul, l’humain crève. Il éprouve donc un furieux besoin de rapports avec ses semblables qui, dès lors, ne lui paraissent plus si dissemblables que ça. Les autres sont à la fois enfer et paradis. En même temps.

 Pour satisfaire cette soif de fraternité, l’humain utilisera des moyens souvent étranges et parfois mortifères. Adhérer à un parti extrémiste, par exemple. Le lien entre les militants est d’autant plus fort que la réprobation dont ils sont l’objet est puissante. Lorsque Jean-Marie Le Pen proclame qu’ «un Front national gentil n’intéresse personne», il n’a pas tort. Le sentiment de fraternité – cet «entre-nous» qui anime et protège – s’aiguise devant l’adversité. L’extrême-droite anti-Marine qui est en train de se former va tabler sur ce sentiment d’appartenance partagé, car la fille Le Pen préfère les électeurs aux militants, contrairement à son père qui a toujours fait le choix inverse.

 Lorsque les communistes, surtout en France et en Italie, étaient ouvertement staliniens, ils avaient créé une véritable contre-société en réponse à l’animosité qu’ils devaient affronter, même au sein de la gauche. Et malheur à celui qui voulait quitter cette contre-société. Du jour au lendemain,  il devenait transparent aux yeux des camarades, comme s’il n’avait jamais existé, un processus qui se vérifie aussi dans les sectes.

 Les terroristes occidentaux de l’islam intégriste et radical placent ce processus à son paroxysme. Ils pataugeaient dans les ornières de l’échec scolaire ou les fossés de l’ennui familial et flottaient sans cadre, ni but, dans une vie au rabais. Les voilà devenus ennemis publics numéro un, ce qui est tout de même plus enthousiasmant que de faire la queue à Pôle Emploi ou de vendre des barrettes de haschich dans des cages d’escalier pourries. Entre eux, le sentiment de fraternité est rendu plus intense par l’omniprésence de la mort.

 Tous ces «desperados» de l’extrême sont certes éloignés par l’Histoire des idées. Mais ils se retrouvent dans cette recherche de partage fraternel. Dire cela n’est pas faire leur éloge mais tenter de voir leur réalité en face. Si l’on veut combattre l’extrémisme, il faut en premier lieu prendre conscience des attraits que recèlent ses différentes formes.

 La soif de fraternité ne doit pas être niée par les ricanements. Il faut savoir l’apaiser mais pas n’importe comment.  Au lieu de la dégrader, l’assumer et la prendre au vol lorsque les circonstances s’y prêtent. Car on ne créé pas de fraternité ex nihilo, il lui faut le substrat des événements pour se former. Et c’est alors qu’il faut lui donner un contenu constructeur et non destructeur. Certes, la fraternité se forge dans les combats. Mais il y a combat et combat. Certains sont porteurs de vie, d’autres de mort. On peut lutter contre ou lutter pour. La vraie fraternité ne se fait pas sur le dos des autres.

Jadis, il appartenait aux partis de la gauche démocratique de porter ce message. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont devenus des machines électorales qui n’ont pour horizon que le prochain scrutin. Il faudra donc que d’autres types d’organisation naissent pour donner corps à la fraternité authentique, sinon cette soif s’étanchera aux sources empoisonnées.

 

Jean-Noël Cuénod

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12/05/2015

Lettre ouverte au Dimanche-11-janvier, vilipendé à Todd et à travers

 

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Quatre mois après ta naissance, tu parais bien malmené, cher Dimanche-11-janvier. Te voilà vilipendé à Todd et à travers dans une de ces polémiques qui permettent aux acteurs médiatiques de se sentir exister. Ainsi, les quatre millions de citoyens, Français et étrangers, qui sont descendus dans la rue durant cette fin de semaine sanglante ne seraient que des jobastres manipulés par la bien-pensance médiatique. Ou pire des islamophobes qui auraient trouvé dans les massacres à Charlie-Hebdo et à l’Hyper Casher le prétexte pour assouvir leur racisme chafouin.

 Je me trouvais parmi ces bataillons de gogos, perdu avec mes amis dans la masse, place de la République. A entendre les uns, les musulmans auraient boudé les cortèges. Comment se fait-il alors que j’ai vu des jeunes se revendiquant de l’islam et soutenant la liberté d’expression ? Etaient-ils si peu nombreux, que cela ne vaut même pas la peine d’en parler? Je ne sais pas. Impossible de distinguer, dans cette foule engourdie par le froid vespéral, qui relève de Voltaire et qui participe du Coran. Et tout ce que l’on peut dire à ce propos reste sujet à caution.

Et les élèves et lycéens qui ont refusé de respecter la minute de silence dédiée aux victimes? Pas question de nier leur existence. Mais en quoi cela te flétrirait, sacré Dimanche-11-Janvier? L’âge bête est éternel. L’important, c’est d’en sortir un jour. Peut-être.

 A écouter les autres, tu n’étais qu’une mascarade ourdie pour amuser la galerie et faire oublier l’impopularité du président Hollande; tu n’étais que l’emblème boursouflé d’un unanimisme de façade, une sorte village Potemkine mobile.

 Pour vendre des bouquins ou faire du beuze sur la Toile, il faut donc cracher sur toi, mon pauvre Dimanche-11-Janvier. Tu n’avais pourtant comme ambition que de répondre à la connerie sanguinaire par la dignité, à la fois triste et fervente. Je n’ai pas lu le moindre slogan raciste ou islamophobe sur les pancartes; je n’ai pas ouï la plus petite insulte. Je n’ai vu que des centaines de milliers d’individus qui, pour une fois, quittaient leur bulle pour constituer un peuple. Oh, certes, ce frisson républicain a vécu ce que vivent les frissons, l’espace d’un beau soir. Mais ce soir-là brûle encore dans nos cœurs à la manière d’un feu d’espoir.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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05/05/2015

Vive le FN (Foutoir Népotiste) ! Artémis est vengée !

 

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Thérapie familiale à grand spectacle pour le clan Le Pen. Le Cacochyme aurait supporté, à la rigueur, d’être tué par un fils. Mais pas par une nana, fût-elle sa fille… Sigmund, réveille-toi, ils sont devenus fous !

 C’est que, voyez-vous, la femme, c’est la calamité de Jean-Marie Le Pen… Trois filles et  pas un seul porteur de slip kangourou dans sa descendance directe. Il faut donc bien se résoudre à accepter ce qui, au fond, reste inacceptable et à donner les clés de l’entreprise familiale FN (Foutoir Népotiste) à une Le Pen au féminin.

 Mais les femmes, vous savez ce que c’est. Imprévisibles. Manipulatrices. Traitresses.  Et tout. Avec sa première épouse, Pierrette, le Menhir a dû déchanter (et un Menhir qui déchante, croyez-moi, ça fait du bruit !) Elle le bafoue en quittant le domicile conjugal avec Jean Marcilly, journaliste au Figaro Magazine, chargé de sculpter la bio dudit Menhir. Le divorce est étalé sur la place publique, car les Le Pen font tout en famille, surtout la politique, sauf laver leur linge sale. Là, ils convoquent tout le monde à la lessive.

Alors que, devant les journalistes, Jean-Marie Le Pen raille et déraille – «Madame Le Pen peut faire des ménages pour compléter ses revenus» –, la perfide Pierrette le prend au mot et pose nue en soubrette pour Play Boy. Gros succès de vente.

 Autre déboire : Marie-Caroline, sa fille aînée. Tout d’abord, elle défend bien les intérêts du clan en devenant conseillère régionale d’Ile-de-France le 22 mars 1992. Ensuite, c’est la catastrophe. Elle participe à la dissidence fomentée en 1998 par Bruno «Naboléon» Mégret, alors bras droit de Le Pen, en suivant son mari, Philippe Olivier, bras droit du bras droit. Son père ne lui adressera plus la parole. Première répudiation filiale.

 La cadette, Marine, lui succède. Et avec elle, c’est une autre paire de manche. Le duo père-fille fonctionne tout d’abord à merveille. Le vieux continue ses provocations fascisantes pour gonfler le moral des troupes militantes et donner du grain brun à moudre à ces jobastres de journalistes. De son côté, Marine nous la joue «dédiabolisation» en touillant dans sa casserole un fond de sauce xénophobe, allongé de souverainisme avec une pointe de gauchisme. Le président d’horreur et la présidente de charme. Le méchant et la gentille, comme chez les flics.

 Mais une nouvelle vilenie féminine se profile à l’horizon bleu marine. Si le père se contente de mimer la chefferie, la fille, elle, veut le pouvoir. Le vrai pouvoir. Pas celui des estrades, celui de l’Elysée. Et dans cette optique, le paternel est devenu un boulet. Alors ces pitreries nazillardes que la fille tolérait jusqu’alors, deviennent prétextes à secouer le cocotier pour que le vieux lâche enfin prise. A défaut de chuter, le voilà suspendu. Il a l’air fin. Sa présidence d’honneur risque même de lui être arrachée lors du prochain congrès frontiste. Tu quoque mea filia ! Deuxième répudiation filiale. Le fondateur du Foutoir Népotiste est une fois de plus trahi par la chair de sa chair: «Je ne veux plus qu’elle porte mon nom!» Et surtout, il ne faut pas qu’elle devienne présidente. Le Menhir qui s’effrite a déclaré sur toutes les ondes qu’il fera tout pour que la félonne échoue en 2017 (voir Espace Vidéo).

 Il reste un ultime espoir pour pérenniser la vraie marque Le Pen. Fatalité d’un destin qui s’acharne, il est porté par une autre représentante de cette engeance perverse, à savoir sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen, députée. Et dépitée. Car elle doit choisir entre le grand-père dont elle approuve l’idéologie brunâtre et sa tante Marine qui tient le poignard par le manche. L’ancêtre aura 87 ans dans un mois. Tantine affiche 47 ans au compteur. Moi, j’en compte 25. N’insultons pas l’avenir. Le calcul est vite fait : «Je ne veux pas être l’otage de mon grand-père» a-t-elle fait dire à la presse par l’un de ses proches. Alors, troisième répudiation filiale?

A moins que dans un futur plus ou moins lointain, se réalise la grande vengeance paternelle, la nièce trahissant la tante. Que nous réserve à l’avenir le zoo Le Pen?

 Pour l’instant, la revanche appartient à une autre représentante du sexe honni. L’été dernier, Artémis, la chatte bengalaise de Marine Le Pen, fut dévorée par l’un des dobermans de son père, ce qui avait conduit la fille à quitter le château familial. Aujourd’hui, voilà cette âme féline vengée. C’est au tour du propriétaire des dobermans d’être livré aux crocs.

 

Jean-Noël Cuénod


ESPACE VIDEO


Jean-Marie Le Pen déclare la guerre à sa fille par lemondefr

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02/05/2015

Laïcité à multiples vitesses

 

 La laïcité doit-elle être considérée comme un mètre de couturier? Placarder une affiche de concert pour les chrétiens d’Orient relève-t-il du crime de lèse-République? Deux récentes affaires survenues en France démontrent à quel point la laïcité est trop souvent mal comprise par celles et ceux qui sont chargés d’en appliquer les règles.

 Plusieurs collégiennes et lycéennes de religion musulmane ont été interdites de cours en France parce que la jupe qu’elles portaient était trop longue pour être honnête laïquement. Le Conseil contre l’islamophobie en France a recensé 130 cas de ce genre en 2014, sans que ce chiffre soit confirmé par une autre source. Cette longueur suspecte est considérée comme relevant du «port ostensible d’un signe religieux», interdit dans les établissements scolaires publics. A noter que cette prescription concerne principalement le port du foulard islamique. Or, les collégiennes et les lycéennes en question avaient ôté le leur en entrant au collège et assistaient donc tête nue aux cours. 

 A Paris, c’est une affiche dans les couloirs de métro qui a fait crépiter les réseaux sociaux. La RATP – régie des transports publics parisiens – avait interdit un panneau publicitaire en faveur d’un spectacle car il y était mentionné «Concert pour les chrétiens d’Orient» (photo).  Cette inscription, pourtant bien anodine, était considérée par la RATP comme une atteinte intolérable à la laïcité. Finalement, devant le concert de… protestations et après s’être fait botter les fesses métaphoriquement par un tweet du premier ministre Valls, la direction des transports a dû revenir sur son interdiction. 

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En multipliant ce genre d’interdiction ridicule, ces fonctionnaires zélés, croyant servir la laïcité, la caricature en la transformant en usine à interdits ubuesques. En quoi la longueur d’une jupe relève-t-elle du prosélytisme religieux ? A combien de centimètres au-dessus de la cheville doit-elle être considérée comme laïquement correct? Un centimètre? Deux ? Quatre? Cinq et demi? 

En quoi une mention «pour les chrétiens d’Orient» dans le couloir d’un métro lèse-t-elle la neutralité confessionnelle de l’Etat? C’est un élément d’information, c’est tout. Qui ne provoquera pas des vagues de conversions en faveur des Eglises maronites, orthodoxes ou syro-chaldéennes. 

Ah, c’est le mot «chrétien» qui gêne, voyez-vous! Aurait-on usé du vocable «juif», «musulman», «bouddhiste», «hindouiste» que la décision de la RATP aurait été différente? La RATP nous ferait un complexe parce que la religion chrétienne est majoritaire dans nos pays? Dans cet esprit, elle devrait alors accueillir avec bienveillance la pub des Adorateurs de l’Oignon.

 Pourtant, l’Etat français lui-même donne de larges coups de canif aux principes de la laïcité. Ainsi, subventionne-t-il massivement les écoles privées dont 90% sont d’obédience catholique. De même, pour des raisons historiques, la France salarie les prêtres, rabbins et pasteurs en Alsace-Moselle. 

 D’une part, l’Etat se montre d’une laïcité vétilleuse et punitive pour des broutilles. D’autre part, il l’oublie en abordant des domaines aussi essentiels que l’enseignement. Dans les deux cas, c’est l’incohérence qui sévit et les ennemis de la laïcité qui ricanent.

 

Jean-Noël Cuénod

 

Le Plouc est invité à l’émission de Laurent Caspary, «Tribu», sur les ondes de la RTS, lundi, de 11h. à 11h.30 à propos de son dernier livre «Ne retouche pas à mon dieu – Un bilan de la laïcité».

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27/04/2015

Se réfugier dans la molle dictature du dérisoire

 

 Tremblement de terre au Népal, attentat déjoué en France, massacres de chrétiens au Proche-Orient,  naufrages de réfugiés, menaces, violences, injures… Sentiment d’impuissance devant cette marée qui n’en finit jamais de rejeter ses morts.

Ne plus entendre la litanie comptable des cadavres, les imprécations barbues, les discours poisseux. Et se réfugier dans le mol édredon du dérisoire. Verser une larmichette rose devant l’accouchement de cette princesse qui a repris la riante tradition des porteuses de chapeaux ridicules, dont la promotion est la seule utilité sur cette terre de la britannique monarchie. Rigoler devant les facéties des chatons, grandes vedettes des vidéos diffusées par les réseaux sociaux. Ne plus penser. Ne plus remuer les méninges, ça ne sert à rien sinon à se fabriquer des ulcères.

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  Voilà pourquoi les médias dominants placent l’horrifiant sur le même plan que le divertissant. Ils nous fournissent à la fois le mal et son analgésique. Mais non pas son médicament, notez-le bien. Il s’agit de calmer et non de guérir. Car notre société médiamercantile a besoin de l’angoisse pour écouler ses tranquillisants, réels ou métaphoriques.

 L’ennemi de la société médiamercantile, c’est le politique. Les gens doivent rester des gens, c’est-à-dire une foule d’individus sans actions collectives qui se rendraient autonomes de ce système d’aliénation fait de « stupéfiants images », pour reprendre l’expression de Régis Debray, et de consommations compulsives. Il ne faut pas que les gens fassent peuple. S’ils se mettaient de s’occuper de leurs affaires, où irions-nous ? Tout est donc fait pour nous distraire. Et nous traire par la même occasion.

Voter une fois de temps en temps pour quelques guignols de foire, voilà qui suffit amplement. Cela fait tourner la machine médiatique tout en perpétuant l’apolitisme de base. Mais pas plus, il ne faut surtout pas donner des idées. Elles pourraient bien amener les gens à devenir un peuple qui s’organise lui-même, hors du système de la domination médiamercantile.

  Les manitous (manient tout) de cette société – les dirigeants de l’économie numérique, financière et médiatique – organisent leurs réseaux de manière à ce que nous soyons à la fois connectés et séparés. Connectés à leurs réseaux afin de mieux connaître nos réactions pour  vendre leur came et faire de nous de dociles amateurs de vidéos animales ou princières. Mais séparés dans l’organisation du travail afin de donner le moins de prises possibles à l’action collective autonome.

  Tous les systèmes totalitaires cherchent à éradiquer le politique pour chasser le débat des arènes du pouvoir. Hitler, Staline, Mussolini, Mao, Pol Pot, Franco et autres tyrans ont mobilisé la force criminelle. Les potentats de la société médiamercantile eux, usent, de la crétinisation et de l’infantilisation, pour étouffer le débat dans l’œuf. C’est une dictature douce qui nous donne, avec le sourire, les matériaux nécessaires pour bâtir nous-mêmes notre prison mentale. Dictature gentille mais d’autant plus perverse qu’elle enlève, grâce à ses divertissements, toute velléité de révolte de façon bien plus efficace que les versions brutales des tyrannies.

  Mais du mal, le remède viendrait-il ?  Les mêmes réseaux sociaux peuvent aussi servir à s’organiser contre l’aliénation. Mais pour ce faire, il faut trouver des cerveaux encore disponibles pour réfléchir plus loin et surtout plus haut que le chapeau de la princesse Kate. Plus encore que de l’hygiène mentale, lutter contre la généralisation de l’abrutissement relève de la salubrité publique.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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24/04/2015

MECANIQUE DE LA GRAND’ PEUR

 

 

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Les chants de la forêt s’éteignent peu à peu

Sous les pas du chat les mousses se font complices

Et les chênes laissent tomber toutes leurs rides

Un monde de crimes muets va se lever

Sur la nuque l’haleine fauve de l’humus

Au ventre s’étripent la crainte le désir

Seul compte l’instant l’avenir n’est qu’un piège

Et le passé n’en finit pas de trépasser

Mue de vipère dissoute par les averses

 

Craque une branche sèche tout est suspendu

Générale mobilisation des sens

Bien exécuté l’acte calme les ombres

Honteuse gratitude envers les assassins

Bref soulagement les échines se détendent

Mais le répit se dissipe brouillard léger

Découvrant la nudité des peurs animales

 

Un pas de fourmi sépare la vie la mort

Respirer est un danger bouger un péril

Surtout ne pas penser ! Surtout ne pas penser !

Les ondes pourraient attirer l’attention

Et si des fauves s’abattaient sur nos épaules ?

Et si du ciel le feu noir brûlait nos âmes ?

Patience l’unique force qui nous reste

 

Le matin surgit entre les os des fayards

Les survivants lèvent la tête se regardent

Et la nuit venue tout recommencera

 

 

Jean-Noël Cuénod

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21/04/2015

La mer à mort

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Lorsqu’il n’y a plus d’espoir dans son pays, que les saigneurs de la guerre – criquets en kalachnikov – ravagent les récoltes, pillent les maisons, violent les filles, enrôlent les garçons et massacrent ceux qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin, il reste une faible lueur d’espérance : ramasser ses ultimes économies, payer des mafieux, embarquer dans un port libyen sur leurs rafiots rafistolés et atteindre l’Europe dont la première terre est Lampedusa. Périr en mer est un risque qui paraît bien faible, mesuré à l’aune de la détresse.

Entre la côte libyenne et Lampedusa, un bateau plein de migrants fuyant l’Afrique a donc chaviré. 700 trépassés. Depuis le début de l’année, 1600 migrants ont trouvé la mort en cherchant le refuge. Un clandestin meurt toutes les deux heures en Méditerrannée.

Devant ce spectacle atroce qui se passe sous nos yeux, sur notre continent, nous n’offrons guère qu’un brin de compassion et quelques larmes plus ou moins sauriennes. Quant ce n’est pas le vomi de la graphomane anglaise Katie Hopkins, qui, dans le tabloïd fascistoïde The Sun, exige que les bateaux de guerre tirent sur cette «vermine». Entre hypocrisie et barbarie, ah, elle est belle l’Europe!

Agir. Certes. Mais comment? Car la situation est d’une complexité inouïe. Et les Franco-britanniques ont contribué fortement à la rendre inextricable en intervenant en Libye et en laissant ce pays dans la plus complète anarchie. Voilà ce qui arrive lorsqu’on donne les clefs de la guerre à un philosophe pour plateau-télé (BHL) et à un président (Sarkozy) qui ne voit pas plus loin que le bout de sa télécommande.

Mais pleurnicher sur le passé ne sert à rien. Pour le moment, il faut faire face à l’urgence humanitaire, comme l’indique sur le site de L’Express le politologue belge François Gemenne[1], c’est-à-dire, «relancer des missions de sauvetage comme l'opération Mare Nostrum, abandonnée fin 2014. Ensuite, il faut renforcer la lutte contre les passeurs, et enfin rétablir les voies légales d'accès à l'Union européenne. La politique de fermeture des frontières est en effet directement responsable de ces drames.»

En lisant cette phrase, tous les furieux de la xénophobie vont grimper aux rideaux. Tentons d’examiner la situation de façon rationnelle, plutôt que de baver de trouille. Nous avons au Sud, une population en hausse démographique, jeune, pauvre et au Nord, une population en baisse démographique, vieillissante, riche. Dans ces conditions, les transferts humains de l’un vers l’autre sont inévitables. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qui est en train de se passer au cœur de l’Europe continentale, en Suisse? La population s’y accroît régulièrement (1% grosso modo par an depuis 2007) alors que la natalité est faible. Cette augmentation démographique est donc due à l’immigration.

 On peut hurler, trépigner, voter Blocher, voter Le Pen, voter UKIPE, voter Bossi, semer les bunkers sur les côtes, ériger des murs partout, rien n’y fera. Les grands mouvements de population sont inéluctables. Entre 1943 et 1944, les Waffen SS et la Gestapo ne sont même pas parvenus à rendre imperméable la frontière d’une centaine de kilomètres qui sépare la France et la Suisse à Genève. Même le Mur de Berlin a fini par s’effondrer.

Soit on suit l’extrême-droite en fermant les yeux sur le réel pour en appeler à la fermeture impossible des frontières. Soit on essaie de se montrer intelligent, en partant de ce constat: plus les frontières sont fermées, plus les clans mafieux et les milices terroristes prennent en main le lucratif business des passeurs clandestins. C’est le paradoxe du xénophobe : il croit se protéger alors qu’il ne fait qu’engraisser les mafieux et les terroristes qui sèmeront le crime chez lui.

Puisque les flux de population sont inévitables autant s’efforcer de les contrôler en établissant des politiques d’immigration rationnelle et en organisant des filières légales. S’il est vrai que le chômage règne dans plusieurs pays européens, notamment en France, il est tout aussi vrai que de nombreux postes de travail n’y sont pas occupés par des autochtones. Voit-on beaucoup de Français «de souche» à la plonge des brasseries parisiennes ou sur les chantiers marseillais?

Cela dit, aucun pays ne peut gérer seul une problématique aussi complexe. C’est donc une politique d’immigration à l’échelle de l’Europe qu’il est nécessaire d’établir. Mais là nous nous dirigeons vers un éceuil de taille, à savoir la faiblesse des institutions européennes. Tant que l’Union et l’Espace Schengen restent en leur état de techostructure impotente, nous continuerons à faire du bricolage en matière d’immigration. Et les rafiots plein de migrants continueront à couler au large de Lampedusa.

Jean-Noël Cuénod 


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Deux minutes pour comprendre comment l'Europe... par liberation



[1] Spécialiste des migrations et enseignant à Sciences-Po, Versailles et Bruxelles (ULB)

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17/04/2015

L'au-revoir à K. Vasili, artiste

 

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Les nombreux proches, amis et admirateurs de K. Vasili ont rendu, jeudi 16 avril 2015 en fin de matinée, un dernier hommage à ce grand artiste au Funérarium du Père-Lachaise à Paris. L’homme est désormais ailleurs. L’œuvre, elle, reste pour porter témoignage. Ultime au revoir du Plouc.

 

Ce matin-là, K. Vasili, ce matin-là

 

Tu as tracé ta ligne droite un peu plus loin

Et voilà que tu as traversé le miroir

Le monde des apparences s’est brisé

Ta ligne droite file vers ses parallèles

Et tu es devenu ce que tu avais peint

L’essence-ciel dans sa pure liberté

Dehors sonnent les Pâques sous un froid soleil

Les cris d’enfants volent comme des étourneaux

C’est si léger, mourir, mince trait sur la toile

 

Ce matin-là, K. Vasili, ce matin-là

 

 

 Jean-Noël Cuénod

 

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16/04/2015

Nouvelle victoire des terroristes contre la liberté

 

Les députés français examinent actuellement le projet de loi sur le renseignement destiné à lutter en amont contre le terrorisme, notamment par la surveillance d’internet. Quels que soient les dispositifs techniques et les finesses juridiques pour faire passer ce train de mesures à grande vitesse, la liberté personnelle en prend un méchant coup.

 

 Tout d’abord, l’ensemble de ces dispositifs sera concentré dans les mains du premier ministre. Si un jour Marine Le Pen arrive à l’Elysée, on frémit d’avance à l’usage qui pourrait être fait d’un tel pouvoir. En guise d’amusette cosmétique, le gouvernement prévoit une «Commission nationale de contrôle des techniques du renseignement» mais elle sera de peu de poids. On peut faire confiance à l’entourage du gouvernement pour organiser l’urgence afin que cette instance reste à sa place d’élément décoratif.

 

Ensuite, le gouvernement plaide qu’il ne veut capter que des métadonnées consignées par les réseaux sociaux, les hébergeurs de sites, les fournisseurs d’accès internet  et que celles-ci seront anonymes. Les métadonnées décrivent l’origine et le destinataire d’un courriel, les mots de passe utilisés, l’adresse IP des sites visités. En fait, disposer des métadonnées d’un quidam dit encore plus de choses sur ses relations et les circonstances de sa vie que les babils enregistrés par les «longues oreilles» de naguère. 

 

Quant à la garantie de l’anonymat, ce n’est même pas de la bouillie pour chat. La gent féline, par bonheur pour la perpétuation de son espèce, n’est pas nourrie de vent. L’anonymat ne peut jamais être garanti dans de telles circonstances. Si nos cyberlimiers s’intéressaient à tout d’une personne-cible, sauf à son identité, cela relèverait du théâtre de l’absurde (le monde du renseignement n’en est pas toujours éloigné, il est vrai). Or, lorsqu’elle est connue, une identité risque forcément d’être dévoilée à des tiers qui ne sont pas forcément animés des meilleures intentions. On peut facilement «monter un turbin», comme le disaient jadis les vieux flics, contre un personnage gênant. 

 

Toutefois, force est de reconnaître qu’il faut donner à la police et à la justice les moyens d’effectuer la cybertraque contre les islamoterroristes. Ceux-ci disposent d’indéniables talents dans ce domaine comme l’a démontré l’assaut numérique dont la chaîne francophone TV5 a été la récente victime. L’islam radical a imposé sa guérilla mondiale à nos démocraties, c’est un fait. Qu’il faille répliquer avec efficacité en est un autre.

Mais justement, en grignotant par-ci par là le socle sur lequel reposent l’Etat de droit et la liberté individuelle, les responsables politiques des démocraties entrent tout à fait dans le jeu des intégristes de l’islam qui vouent à nos principes la haine la plus implacable. Ce qu’ils veulent, c’est abattre la démocratie. Si nous faisons une partie du travail à leur place, quoi de mieux pour eux?

 

images.jpgTout n’est pas forcément néfaste dans le projet de loi du gouvernement Valls. Mais son principe de base est dangereux, en confiant au premier ministre des pouvoirs exorbitants. Manuel Valls et son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (photo) ont soigneusement écarté les magistrats de l’ordre judiciaire dans cette nouvelle loi, sous le mauvais prétexte qu’il faut souvent agir en urgence, comme si les juges et procureurs n’avaient pas, eux aussi, l’habitude de gérer ce genre de situation extrême!

C’est-là que réside le vice fondamental du projet. Les magistrats apportent un regard qui n’est pas biaisé par les ambitions politiciennes; ils se situent dans la longue durée à travers les changements de majorité. Si quelques malfaisants personnages parvenaient à prendre le pouvoir, les juges pourraient toujours servir de garde-fous. Or, ces garde-fous, Valls et Cazeneuve les ont enlevés, c’est fou !

 

Mais il est une autre victoire, encore plus inquiétante, que les islamoterroristes viennent de remporter. Un récent sondage CSA indique que 63%  des Français interrogés se déclarent favorables à la limitation des libertés individuelles sur internet, notamment en surveillant les données de navigation des internautes.

Or, dès qu’un peuple préfère sa sécurité à sa liberté, il sera prêt, un jour ou l’autre, à accepter le pire.

 

Jean-Noël Cuénod

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09/04/2015

Marine Le Pen: meurtre politique du père en direct

 

 

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De noir vêtue et les traits tendus, Marine Le Pen a procédé devant les caméras de TF1, hier soir, à l’exécution politique de son père, fondateur en 1972 du Front national qu’elle préside depuis 2011. C’est la suite logique des échanges de plus en plus musclés entre le père et la fille après les  dernières provocations lancées par Jean-Marie Le Pen dans l’hebdomadaire antisémite Rivarol: «J’annonce donc l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Jean-Marie Le Pen.» Cette instance décidera de sa suspension, voire de son exclusion. Marine Le Pen invite d’ailleurs son père à se retirer de lui-même de la vie publique.

Fine tacticienne, Marine Le Pen a, de toute évidence, senti qu’elle devait agir maintenant pour enlever le boulet paternel. «Les dernières élections départementales ont confirmé que le Front national est un bon parti de premier tour et un mauvais de second tour», constate la politologue française Magali Balent. «Pour que le FN surmonte ce handicap, il devra bénéficier d’un report des voix de la droite encore plus important qu’il ne l’est actuellement. Or, de nombreux sondages indiquent que la figure de Jean-Marie Le Pen dissuade encore de nombreux électeurs UMP de voter pour un candidat frontiste au second tour des élections.» Si Marine Le Pen veut siphonner massivement les suffrages des sympathisants et électeurs UMP, elle doit donc éjecter son père.

Sa guerre ouverte avec la fondateur du FN lui offre également une autre opportunité, à savoir la mise au pas de sa nièce, la députée Marion Maréchal-Le Pen qui campe sur les mêmes terres idéologiques que Jean-Marie Le Pen, son grand-père. La petite dernière du clan a dû se démarquer des déclarations de son aïeul et se plier à la logique des partis d’extrême-droite: un seul chef domine. Pour l’instant, c’est Marine Le Pen qui tient le couteau par le manche. D’autant plus que Jean-Marie Le Pen n’aura pas l’investiture du FN pour les élections régionales de décembre prochain et que la liste frontiste en Provence-Alpes-Côte d’Azur pourrait être conduite par… Marion Maréchal-Le Pen avec le soutien de tante Marine.

Pour porter son estocade, la patronne du Front national a sans doute dû aplanir un obstacle de taille: le financement du parti. Jean-Marie Le Pen tient en ses seules mains, la Cotelec (remplacée depuis 2014 par la Promelec), microparti qui a prêté plus de quatre millions d’euros au FN en 2013. Mais de son côté, Marine Le Pen a créé son propre microparti nommé Jeanne qui a engrangé en 2012, pour 9,6 millions d’euros de recettes. Dès lors, tout laisse à supposer que, disposant d’une bonne intendance personnelle, Marine Le Pen peut désormais se passer de la manne paternelle.

 

Jean-Noël Cuénod

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Marine Le Pen s'explique après avoir convoqué... par LeHuffPost

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Le grand peintre K. Vasili a rejoint l’Idée

 

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Tableau de K. Vasili Zigourat, peint en 2010.

 

Samedi matin à l’Hôpital Charles-Foix d’Ivry-sur-Seine, un peintre majeur a quitté le monde de la matière pour rejoindre celui de l’Idée, qu’il n’a cessé de chercher tout au long de son œuvre. K. Vasili était aimé, apprécié, admiré par tous ceux qui servent l’art et refusent de s’en servir. C’est dire si la société médiamercantile – qui exerce actuellement ses ravages – l’a ignoré… Un signe de haute qualité qui ne trompe pas. La société médiamercantile a un mauvais goût très sûr.

 

K. Vasili est né en 1942 à Lakotama en Grèce ; son enfance a été marquée par la guerre civile qui, dès la fin du second conflit mondial, a opposé les communistes grecs aux nationalistes. Avec son frère aîné, Vasili avait trouvé refuge en Yougoslavie où il a accompli toute sa formation scolaire et artistique, notamment aux écoles des beaux-arts de Pec, Skopje et Belgrade. Dès 1964, il s’installe à Paris avant d’être naturalisé français.

 

Rien n’était plus étranger à K. Vasili que le bruit. En ascète de la peinture, il le tenait à l’écart, préférant l’ombre qui protège la vraie lumière aux projecteurs qui n’éclairent rien mais aveuglent la foule. D’ailleurs, même son patronyme est source d’interrogation, tantôt écrit à la grecque, tantôt rédigé à la serbe. Comme si l’important n’était pas dans une identité bureaucratique et forcément vague. Or, K. Vasili – c’est ainsi qu’il signait ses tableaux – n’aimait pas le vague, le flou, l’à-peu-près près trompeur. C’est la vérité qu’il cherchait à atteindre. Ou plutôt l’idée de vérité. Parti de la représentation figurative d’un monde bouleversé et souvent conflictuel, l’artiste a épuré son geste et pris progressivement le parti de l’abstraction afin de tendre vers l’essentiel, l’essence-ciel où vibre le monde des Idées platoniciennes. Cette ligne qui figure dans nombre de ses tableaux est un chemin vers la lumière. Mais il en va ainsi de tous les chemins de crêtes, il faut dominer son vertige pour tendre vers le but.

S’il fallait lui coller une étiquette – un acte toujours douteux – celle de peintre platonicien serait la moins fâcheuse. Cette phrase tirée du Phèdre de Platon illustre parfaitement sa démarche artistique :

 

Une intelligence d’homme doit s’exercer, selon ce qu’on appelle «Idée», en allant d’une multiplicité de sensations vers une unité, dont l’assemblage est acte de réflexion.

 

Parti du multiple, l’artiste est parvenu à l’Un. Dans ce monde qui turbule à la folie, l’œuvre de K. Vasili n’est pas seulement nécessaire, elle est devenue vitale.

 

Jean-Noël Cuénod

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08/04/2015

"Ne retouche pas à mon dieu!" à Radio-Cité

Dans le contexte de son émission « Spiritualité » diffusée sur Radio-Cité, Gilles Soulhac a consacré deux interviewes au dernier bouquin du Plouc, « Ne retouche pas à mon dieu! »  qui vient de paraître chez Slatkine.

On peut les écouter ici


podcast


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04/04/2015

La Pâque et les Pâques ou l’appel à quitter l’aliénation

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Il fut un temps où le terme « aliénation » était utilisé à tout bout de champ. Au XIXe siècle, il devint le mot scientifique pour désigner la folie. Durant les années 1960-1970, l’aliénation était perçue comme la dépossession des humains de leur propre personnalité pour être conditionnés par la puissance capitaliste, à la fois comme producteurs et comme consommateurs.

Et puis, le mot s’est perdu avec le triomphe du capitalisme sur toutes les autres formes de production économique et la nouvelle jeunesse que les gadgets technologiques lui ont apportée.

  Serait-ce le signe que l’aliénation a été tellement intériorisée par chaque individu qu’elle ne peut plus être objectivée ? Serait-ce sa ruse ultime, devenir une force que l’on ne peut pas nommer afin que l’on ne puisse plus la combattre ? Serait-elle devenue une partie de notre système parasympathique qui contrôle les activités involontaires des organes ?

Pas tout à fait, puisque nous la nommons encore, un peu, rarement, certes ; c’est mieux que rien. Toutefois, la tendance forte est là. Les mêmes outils qui nous libèrent des corvées en tant que producteurs, sont aussi ceux qui nous aliènent en tant que consommateurs.

 Il faut donc continuer à nommer l’ennemi, « l’aliénation », cette dépossession de notre véritable personnalité au profit du…profit. Dans cette prise de liberté contre l’aliénation, l’utilisation du langage symbolique est essentielle. Un symbole ne signifie jamais une seule chose (s’il n’a qu’une seule signification, il s’agit d’un emblème) mais dispose, pour une seule représentation, d’une multitude de réseaux d’analogies. C’est un bon antidote contre l’aliénation. Pris dans ce mouvement symbolique, un produit aliénant peut se transformer en outil libérateur.

 Ainsi, les religions, en tant qu’institutions humaines, servent à l’aliénation la plus accomplie ; les exemples abondent tant dans l’histoire que dans l’actualité. Toutefois, les messages qu’elles délivrent sont aussi une source de symboles et, une fois intégrés dans une vision libératrice, sont en capacité de devenir l’un  des plus puissants moyens pour se libérer de l’aliénation.

 Puisque nous sommes en période de Pâque juive (Pessa’h) et de Pâques chrétiennes, évoquons le message libératoire illustré par ces célébrations. Pessa’h rappelle le départ du peuple juif d’Egypte et la fin de son esclavage, de son aliénation à la puissance pharaonique.

Les Pâques chrétiennes, elles, ne commémorent pas tant la crucifixion du Christ au moment de la Pâque juive que sa résurrection.

Dans les deux cas, c’est la victoire de la vie sur la mort qui est célébrée. Une victoire remportée aussi sur l’aliénation, cette porteuse de mort puisqu’elle tue la personnalité véritable pour l’assujettir à une puissance mercantile et manipulatrice. Celui qui est aliéné est un cadavre qui marche.

  Croyants de toutes confessions, athées, agnostiques, que les symboles véhiculés par Pessa’h-Pâques vivent en vous. Ne soyons plus des cadavres qui marchent.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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30/03/2015

Elections départementales: ambiance de Waterloo à Solférino

Pris sur le vif, dimanche soir, en naviguant entre les sièges de l'UMP et du PS.

 

D’un Empire à l’autre, d’un siège politique à l’autre… Rue de Solférino, antre du Parti Socialiste, c’est Waterloo qui s’impose en ce dimanche soir gris et pluvieux. Le PS aurait bien besoin de cette Croix-Rouge qu’Henri Dunant créa en souvenir de la bataille de Solferino. Il règne dans les couloirs une ambiance funèbre : «Solférino, Solférino, morgue pleine.»  Mais point de Victor Hugo à l’horizon.

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Peu de monde dans les locaux du parti, quelques journalistes, une poignée de permanents. Les médias n’aiment pas les perdants. Des chargés de communication s’attendaient bien à une gifle douloureuse, mais c’est d’une raclée mémorable qu’il s’agit. «On a même perdu la Corrèze!», retentit une voix qui manque s’étrangler avec un toast au saumon, seule touche rose dans la marée bleue.

Comme il faut bien dire quelque chose, même en pareille circonstance, les communicants font passer ce message: «Dans les duels PS-Front National, les électeurs UMP ont massivement voté FN. Il y a une porosité évidente entre les deux électorats.» Le Front républicain ne verra pas le printemps. Devant micros et caméras, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis appelle à l’unité de la gauche, ce qui n’est pas gagné d’avance. Et de marteler cet élément de langage fourni par l’Elysée: malgré la défaite, on garde le cap.

Rue de Vaugirard, siège de l’UMP, c’est le tambour d’Arcole que l’on bat. Les mines sont réjouies et les gros bras du parti se font aimables. Les journalistes viennent en foule et se prennent les pieds dans les câbles que les techniciens des télévisions viennent de poser, non sans peine.

 A chaque bonne nouvelle, le sourire des permanents s’élargit d’un cran, façon banane. A 17 h. 45, Nicolas Sarkozy débarque dans le hall d’entrée en compagnie de son fidèle Frédéric Péchenard, directeur général de l’UMP. L’ex-chef de l’Etat est absorbé par un essaim de caméras et disparaît de notre vue. Une porte se ferme. Le président de l’UMP entre en réunion.

Peu avant 20 h. 30, Nicolas Sarkozy s’empare du pupitre de la salle de presse. D’un ton ferme qui s’efforce à la mesure, il attaque sa conclusion: «Les Français ont massivement rejeté la politique de François Hollande et de son gouvernement. Le désaveu du gouvernement est sans appel. L'alternance est en marche. Rien ne l'arrêtera.» Les sympathisants exultent, acclament leur héros, le grand vainqueur de cette soirée. Mais dehors, le soleil d’Austerlitz ne luit toujours pas.

 

Jean-Noël Cuénod 


Article paru lundi 30 mars 2015 dans la Tribune de Genève, 24 Heures et Le Soir de Bruxelles.

 

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28/03/2015

Le copilote Andreas Lubitz ou l’inextinguible désir d’éternité personnelle

 

 

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«Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra.» Voilà ce qu’aurait dit le copilote Andreas Lubitz (photo) à sa fiancée, dont l’interview vient de paraître sur le site du quotidien allemand Bild.

A propos des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, auteurs des attentats de janvier à Paris, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait déclaré qu’eux aussi recherchaient ce quart d’heure de célébrité, cher à Andy Wahrol, l’islam n’étant pour eux qu’un vecteur à leur quête violente de notoriété. En d’autres temps, ils auraient trouvé d’autres causes. L’important est de marquer les esprits au fer rouge, peu importe l’outil.

 

 Comme il est plus aisé d’être tueur de masse que prix Nobel de physique, la voie sanguinaire est la plus courte pour parvenir à ce Graal. D’ailleurs, décrocher le prix de Nobel de physique ne mène pas forcément à la gloire. Citez donc celui qui l’a obtenu l’an passé[1]!

Et ça marche! Les tueurs de Charlie-Hebdo et de l’Hyper casher ont réussi à faire défiler dans les rues de Paris les dirigeants politiques de la planète; Andreas Lubitz a attiré sur les lieux de son crime-suicide, Angela Merkel, François Hollande et Mariano Rajoy. Ces desperados ont désormais leur fiche Wikipédia, ce qui tient lieu de viatique pour une célébrité qui durera plus qu’un modeste quart d’heure. Petit bras, Andy Wahrol!

 D’aucuns rétorqueront que ces massacres sont perpétrés par des malades mentaux et qu’on ne saurait donc en tirer leçons. Pourtant, la folie dit beaucoup de choses sur la société. La nôtre a évacué la mort et la transcendance pour fixer les humains sur deux objectifs impératifs : la production et la consommation. Produire pour consommer. Consommer pour produire. L’humain tourne de plus en plus vite sur sa roue d’écureuil. Mais voilà, il ne vit pas que d’iPhone 6, l’humain. Il a besoin d’autre chose qu’il ne sait pas ou plus nommer.

 

Certes, les croyances religieuses lui offrent la vie éternelle. Jadis, cette perspective pouvait étancher, au moins en partie, sa soif d’éternité. Mais aujourd’hui, l’humain n’est pas attiré par cet espace éthéré qui n’empêche nullement l’oubli de son nom dans la mémoire des générations suivantes. Tout le monde ne peut pas s’appeler Mozart. L’éternité en question ne concerne donc que la perpétuation de son moi, que la survie de son ego, célébré par notre société médiamercantile – à la fois marchande et médiatique. C’est le moi qui consomme et qui, donc, produit. C’est le moi qui vibre au diapason de ce monde d’images. Quitte à perdre ce qui fait ma raison de vivre, ce moi impérieux, autant laisser une trace, fût-elle de sang.

 «Le moi est haïssable». La formule de Blaise Pascal  s’impose au XXIe siècle plus que jamais. Mais pour le quitter, la société médiamercantile est bien incapable d’offrir le moindre remède. Pour dépasser l’égo, il faut viser au-delà de lui-même. Peu importe, le mot que l’on donnera à ce «Quinousdépasse». Ce peut-être le Christ, Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, le Tout, la Nature, voire le Cosmos du philosophe athée Michel Onfray. L’essentiel est de sortir de ce moi-même devenu toxique.

 

Jean-Noël Cuénod



[1] Après consultation de Wikipédia, il s’agit des chercheurs japonais Isamu Akasaki, Hiroshi Amano et Shuji Nakamura (ce dernier est devenu citoyen des Etats-Unis)

 

11:54 | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : crash a320, terrorisme, suicide | |  Facebook | | |

27/03/2015

TRAIT DE NUIT

Exquise

 Esquisse

 Vers tes

Cuisses

  Ma main

 Dessine

  Tes seins

 Ta peau

 Caresse

       Les ombres

Le soir

 Soyeux

Frémit

Ondule

 Rideaux

  Cheveux

   L’air tisse

   Ton corps

Textile

 Charnel

 Je m’en

Revêts

Et pars

Vers ma

Nuit

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Jean-Noël Cuénod

20:02 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

21/03/2015

Aider la Tunisie après l'attentat? Alors annulons sa dette publique!

 

terrorisme,islamismem

Photo: Journée de la Femme à Tunis

L’industrie textile tunisienne fut l’une des victimes de la mondialisation version chinoise qui avait inondé ce marché de camelotes à prix cassés. Puis, les troubles qui suivirent la chute de la dictature Ben Ali avaient provoqué le naufrage de l’industrie touristique. Après les premières élections libres et le début de stabilisation politique, les touristes ont commencé timidement à reprendre le chemin des plages tunisiennes. Jusqu’à ce que les terroristes de l’Etat Islamique commettent leur attentat, pour étouffer dans l’œuf ce qui aurait pu devenir un début de reprise.

Les appels ­– tels ceux de l’écrivain Jean d’Ormesson (voir vidéo) – à séjourner en Tunisie malgré tout ne sont, certes, pas inutiles. Mais ils risquent fort d’être insuffisants pour surmonter les craintes des touristes.

 

La Tunisie, déjà mal en point, se trouve donc placée au seuil d’une crise économique majeure. Comme d’habitude, les intégristes s’empresseront d’en profiter pour recruter de nouvelles forces et dénigrer la démocratie tunisienne encore fragile.

Cette situation est encore aggravée par la présence à proximité de la Tunisie d’un territoire libyen aux mains de l’Etat Islamique. C’est d’ailleurs dans cette zone que les deux islamoterroristes, auteurs de l’attentat contre le Musée du Bardo à Tunis, ont été entraînés.

 

Soit, les démocraties occidentales se laissent couler dans leur impotente maussaderie houellebecquienne en ne faisant rien d’autres que pleurnicher. Et la démocratie tunisienne ne sera plus qu’un rêve nostalgique. Soit, elles décident de tout employer pour sauver l’économie de la seule démocratie arabe.

Mais alors, les démocraties occidentales doivent y mettre les moyens. Et commencer par annuler les dettes[1] qu’elles détiennent contre la Tunisie. Les altermondialistes avaient initié un mouvement en ce sens, mais apparemment sans succès. Il est donc urgent de le réanimer et de l’élargir à d’autres milieux.

Ensuite, c’est un véritable plan Marshall pour la Tunisie que les démocraties occidentales doivent entreprendre. Le soutien économique à ce pays doit être massif. Les mesurettes ne serviraient à rien d’autres qu’à enduire les Occidentaux de ce léger vernis de bonne conscience dont ils aiment à faire parade.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO



[1] La dette publique tunisienne (dette de l’Etat) est estimée pour 2014 à 41. 754 millions de dinars. Soit 19. 894 millions d’euros. Ce qui représente 49,1% du PIB (source : presse économique tunisienne).

17:26 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : terrorisme, islamismem | |  Facebook | | |

18/03/2015

Je suis Tunisien !

 

 

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En frappant au Musée du Bardo à Tunis, les terroristes n’ont pas fait que tuer des Tunisiens et touristes étrangers (bilan final: 23 morts en comptant les deux agresseurs abattus) et blesser 47 personnes. C’est la seule démocratie arabe qu’ils ont voulu ainsi atteindre.

 Pour les terroristes, la Tunisie, c’est un scandale permanent dont il convient de se débarrasser au plus vite. Le seul pays où la Révolution de Jasmin est parvenue à installer un régime pleinement républicain et l’unique Etat de cette région où les droits de la femme sont respectés. Il y avait donc urgence de faire couler le sang pour que la liberté tunisienne ne fasse pas tache d’huile.

 Le tourisme est une industrie essentielle pour la Tunisie. Il apporte les devises nécessaires au redémarrage de l’économie ravagée par les années Ben Ali et les troubles qui ont suivi sa chute. Le plan des terroristes est donc limpide : faire fuir les touristes pour assécher l’économie du pays afin qu’il tombe dans la main des salafistes djihadistes.

 La bonne réplique serait, justement, de privilégier désormais la Tunisie comme lieu de villégiature. Mais ce ne sera pas suffisant. Il appartient aux démocraties européennes d’aider, de façon massive, l’économie tunisienne, notamment, en donnant à ses produits notre « préférence démocratique » et en facilitant ses exportations.

« Je suis Charlie», «Je suis Tunisien », même combat !

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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